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Municipales à Paris: et Rachida Dati se remet à y croire

Rachida Dati en novembre 2019.

Rachida Dati en novembre 2019. - Geoffroy Van der Hasselt - AFP

Selon un nouveau sondage paru dans le JDD, la candidate LR à la mairie de Paris devance Benjamin Griveaux (LaREM) et se place désormais en deuxième position derrière Anne Hidalgo, en tête des intentions de vote.

19 ans. 19 ans que la droite attend de prendre sa revanche à Paris. Et elle aussi. La candidate des Républicains Rachida Dati présentait ses vœux samedi soir à son QG de campagne en vue des élections municipales de mars prochain. "Paris, c'est vraiment à notre portée", a-t-elle clamé face à ses équipes, selon des propos rapportés par Le Parisien, adressant au passage de multiples piques à l'édile actuelle Anne Hidalgo:

"Ça fait vingt ans qu'elle est élue, mais on dirait qu'elle se présente pour la première fois! Et ils se sont repeints en vert!"

Un regain de confiance qui n'est peut-être pas étranger au dernier sondage en sa faveur publié par le Journal du Dimanche. Selon l'hebdomadaire, la liste de Rachida Dati se placerait certes derrière celle d'Anne Hidalgo (25% des intentions de vote au premier tour contre 19% pour celle menée par la maire du VIIe arrondissement) mais distancerait nettement celle de Benjamin Griveaux, présenté depuis de longs mois comme le principal opposant jusqu'alors de la maire sortante.

Une division au sein de la majorité dont elle profite

L'alliance annoncée cette semaine avec la liste du candidat centriste Pierre-Yves Bournazel n'a pas connu l'effet escompté et l'ancien porte-parole du gouvernement n'obtient plus que 15% des intentions de vote contre 17% en décembre dernier. La faute sans conteste à l'éparpillement des voix macronistes avec la liste dissidente de Cédric Villani qui obtiendrait 13% des voix au premier tour des municipales. 

Autre chiffre intéressant pointé par le sondage du JDD: la moitié des électeurs de NKM en 2014 voteraient pour Rachida Dati contre 36% il y a encore quelques mois. Rachida Dati profite notamment du soutien des électeurs parisiens de plus de 65 ans qui la classe en tête des intentions de vote.

Quid du vote utile pour les électeurs de droite

"Sécurité, propreté et tranquillité publique" figurent en tête des propositions sur le site de la candidate. Un marquage placé à droite pour cette campagne afin de séduire l'électorat qui serait encore tenté par le vote de la majorité. Reste que face à cette division du camp macroniste, l'ancienne garde des Sceaux peut se prévaloir d'être le "vote utile" face à la maire sortante.

Une expression reprise par la candidate dimanche au micro du Grand Jury RTL- Le Figaro - LCI : "les Parisiens ont compris que le vote utile ça pouvait être moi". Interrogée sur une éventuelle alliance avec le candidat macroniste, Rachida Dati a expliqué: "mon sujet, ce n'est pas Benjamin Griveaux."

"Aujourd'hui, à Paris, on ne fait plus de figuration", confie Claude Goasguen au Parisien. La candidate de la liste LR devra donc convaincre les arrondissements clés de l'ouest parisien et notamment le XVe arrondissement alors que son investiture ne fait toujours pas l'unanimité au sein du parti.

"La seule possibilité pour les Parisiens de créer une alternance à Anne Hidalgo", selon Christian Jacob

Selon le quotidien, de nombreux représentants du parti, encore défait depuis les élections européennes, estiment qu'une victoire à Paris relève désormais de l'impossible. Interrogé dimanche sur Europe 1 - Les Echos - CNEWS, le président des Républicains Christian Jacob a assuré que Rachida Dati était "la seule possibilité pour les Parisiens de créer une alternance à Anne Hidalgo aujourd'hui."

Si Rachida Dati peut se féliciter de son début de campagne pour les municipales, Anne Hidalgo accentue néanmoins son avance et ce malgré les critiques autour de la pollution au plomb générée par l'incendie de la cathédrale de Notre-Dame ou des dysfonctionnements liés à la mise en place du nouveau Vélib'.

Un espoir pour la candidate, sept ans après son renoncement pour NKM

En avril 2013, la maire du VIIe arrondissement de la capitale renonçait à l'investiture de son parti pour la mairie de Paris, laissant le champs libre à Nathalie Kosciusko-Morizet pour les municipales de 2014. La candidate de la droite est cependant battue par Anne Hidalgo, première adjointe à l'époque de Bertrand Delanoë.

Après avoir été investie en novembre 2019 par les Républicains pour mener la liste de droite "Engagés pour changer Paris", Rachida Dati confiait au micro de RMC que cette investiture constituait "un honneur, pas une revanche". Sept ans plus tard, nul doute que l'ancienne garde des Sceaux a envie de croire que, malgré tout, l'heure de sa revanche a sonné.

Hugues Garnier