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Municipales: une nouvelle ministre candidate, Macron envoie les poids lourds en soutien de Griveaux

Emmanuel Macron à l'Élysée le 15 janvier dernier.

Emmanuel Macron à l'Élysée le 15 janvier dernier. - Ludovic Marin / AFP

Selon des sources concordantes, le président enverra "un signal" en faveur de Benjamin Griveaux prochainement, peut-être même d'ici à début février.

Emmanuel Macron se garde d'exprimer directement un soutien à Benjamin Griveaux aux municipales à Paris, face à la candidature dissidente de Cédric Villani, mais les signaux envoyés par l'entourage du président, entre ralliements et affichages, dissipent de plus en plus le doute.

L'absence de prise de position claire d'Emmanuel Macron dans la bataille parisienne, entre le candidat officiel de La République en marche Benjamin Griveaux et le député LaREM Cédric Villani, suscite des spéculations: et si le chef de l'Etat n'était pas convaincu par l'ancien porte-parole du gouvernement? Et s'il laissait à dessein le mathématicien développer ses ambitions?

Interrogé mercredi soir en marge des voeux à la presse, Emmanuel Macron a glissé qu'il avait "bien sûr" ses "préférences". "A la fin, j'espère que l'intelligence collective et l'esprit de bienveillance l'emporteront", a-t-il fait valoir, confirmant une posture de surplomb dont il ne se dépare pas.

"Depuis le début, le président s'est bien gardé de trancher entre Griveaux et Villani", résume l'un de ses proches. Un autre embraye: "Je crois que ce n'est pas souhaitable car le président n'est pas un chef de parti. Personne ne comprendrait qu'il le fasse à Paris et pas à Bordeaux, Lyon, etc."

Un signal "en faveur" de Griveaux

Cependant, selon des sources concordantes, le président enverra bien "un signal" en faveur de Benjamin Griveaux prochainement, peut-être même d'ici à début février.

Cédric Villani fait son miel de ce flou, encouragé par des sondages pour l'instant peu tranchants. Le médaillé Fields réfute, en qualifiant de "vrai pipeau" toute rumeur de "débranchage" de sa candidature durant les fêtes de fin d'année, rappelant qu'il avait prévenu le président de sa candidature.

Ce qu'un proche de Benjamin Macron confirme: "Il y a eu des coups de fil pour le sonder, qu'il n'a d'ailleurs pas passés lui-même, pour lui demander ses intentions et lui demander s'il était sûr de vouloir y aller, mais sans lui dire d'arrêter". 

Un responsable de la majorité convient qu'Emmanuel Macron avait été au départ "un peu darwinien (...) et gardait deux fers au feu". "Il disait aussi: je ne veux pas faire moi-même le travail pour Benjamin Griveaux de débrancher tout le monde car je pense que je ne lui rendrais pas service", poursuit cette même source. Elle ajoute que le président a toutefois fait "évoluer sa position" depuis la "mi-septembre", peu convaincu par la campagne de Cédric Villani. "Donc moi je ne jouerai pas trop longtemps la carte du: +en fait le président est derrière moi de façon cachée+", prévient le mathématicien.

La majorité derrière Griveaux

En attendant un geste présidentiel, la majorité fait bloc autour de Benjamin Griveaux et sème "beaucoup d'indices", d'un appui net du chef de l'Etat, dixit un ministre.

La médiatique secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa se présentera en n°2 dans le XIVe arrondissement, le patron du parti Stanislas Guerini figurera sur la liste du XVIIe, et la secrétaire d'Etat à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher sera candidate dans le XVIe, comme elle l'a annoncé ce vendredi soir au JDD.

Des discussions sont aussi en cours concernant la candidature dans le XVe de la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Quant à Edouard Philippe, il a tressé publiquement des lauriers à Benjamin Griveaux début septembre lors de l'Université de rentrée de LaREM avant de s'afficher à Noël avec son ancien porte-parole dans les rues de la capitale.

Le mouvement rassemblé

En coulisses, la macronie historique serre aussi les rangs autour de Benjamin Griveaux, lui-même marcheur de la première heure. Le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie ne manque pas une occasion de soutenir son ami, qui a aussi intégré dans son équipe David Amiel, pilier de la campagne présidentielle et ancien conseiller à l'Elysée.

"Je crois pouvoir dire que les témoignages de personnalités connues de l'entourage du président de la République (...) attestent que le mouvement est rassemblé autour de la candidature et du projet que je porte", observe le candidat LaREM.

Cy.C avec AFP