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Mort de Jean d'Ormesson: un homme passionné de politique

Emporté par une crise cardiaque dans la nuit de lundi à mardi, Jean d'Ormesson, journaliste et intellectuel, fut également un passionné de politique. Se revendiquant de droite, il assurait pourtant avoir "beaucoup d'idées de gauche".

Le 17 mai 1995, François Mitterrand passe la main à Jacques Chirac. Après 14 ans de présidence socialiste, la droite revient au pouvoir. Pourtant, c’est Jean d’Ormesson, intellectuel engagé à droite et ancien patron du Figaro, qui prend le dernier petit déjeuner à l’Elysée en compagnie de François Mitterrand, le président socialiste. "Ce fut l’hommage du plus lettré des présidents, au plus politique des philosophes", explique Christophe Barbier sur le plateau de BFMTV.

Normalien, Académicien, philosophe, journaliste, mais aussi passionné de politique, Jean d’Ormesson est mort chez lui dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 92 ans, emporté par une crise cardiaque.

"Gaulliste européen qui a beaucoup d'idées de gauche"

Il se considérait lui-même comme "un homme de droite, un gaulliste avéré, mais un gaulliste européen, qui a beaucoup d’idées de gauche: des idées d’égalité et de progrès, ce progrès qui est abandonné par la gauche à cause des écologistes", expliquait-il en 2014 au Figaro Magazine.

Jean d'Ormesson livrait régulièrement ses analyses politiques. En octobre 2016, sur le plateau de BFMTV, il s'interrogeait sur le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme consacré à François Hollande, se demandant si cet "espèce de scorpion qui se tue lui-même, ce n'est pas un acte manqué?".

Président de la République, le temps d'un film

En homme de droite, il écrit cependant dans Le Figaro sous la cohabitation Chirac-Jospin, un article intitulé "Suis-je socialiste?", expliquant approuver à l’époque la politique du gouvernement.

En 2012, il soutient Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, assurant qu'"il est plutôt moins menteur que les autres", reprochant à François Hollande le futur vainqueur, de ne pas avoir la stature d'"un homme d'Etat".

La même année, il touche de près la fonction politique, lorsque pour son premier rôle au cinéma il incarne le Président François Mitterrand, dans Les Saveurs du palais, un film de Christian Vincent.

G.D.