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Mort de Clément Méric : «C'est un fait politique, arrêtez vos salades !», dit Mélenchon sur RMC

Jean-Luc Mélenchon, le coprésident du Front de gauche, fait un lien entre le meurtre de Clément Méric et la montée du Front national.

Jean-Luc Mélenchon, le coprésident du Front de gauche, fait un lien entre le meurtre de Clément Méric et la montée du Front national. - -

Ce vendredi matin sur RMC et BFMTV, Jean-Jacques Bourdin recevait le député européen Jean-Luc Mélenchon. Le coprésident du Parti de gauche a réagi au décès du jeune militant antifasciste Clément Méric et à la montée de l’extrême-droite.

Invité ce vendredi sur RMC et BFMTV, Jean-Luc Mélenchon a pointé du doigt la responsabilité de l’extrême droite après la mort de Clément Méric, un jeune militant antifasciste. Le député européen et coprésident du Parti de gauche a aussi attaqué Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, qui laisserait « agir ces groupes pour discréditer les manifestations dans lesquelles ils se nichent ».

User de la violence en réponse à la violence ?

8h55 - Jean-Luc Mélenchon : « Ce serait une erreur totale, nous serions sur un terrain qui n’est pas le nôtre. Le nôtre, c’est la passion, mais le raisonnement. Chaque jour, des milliers de gens basculent dans le chômage. Cette violence, nous devons l’exprimer, mais pas dans une violence de bandes armées. Ça nous amène sur un terrain où des gens comme nous ne pourrions jamais gagner. Les moyens définissent la fin, nous aspirons à une société de fraternité, de tolérance, d’égalité, pas de violence. Tout le monde a sa place dans la société, toutes les idées ne l’ont pas ».

Le Front national, un "allié objectif" du Parti socialiste ?

8h52 - Jean-Luc Mélenchon : « Le PS et l’UMP utilisent le Front national comme l’épouvantail de service. Il sert au maintien de l’ordre, on vient dire à chaque élection "attention", c’est le vote utile. Si ces gens sont dangereux, il faut les interdire. Sinon, il ne faut pas s’étonner qu’ils aient les activités prévues par leur statut. Dans la rue, vous avez des affiches qui disent "défends ta peau, défends ton drapeau". Ces gens ont une attitude de propagande raciste, averée et publique. On ne peut pas dire "je ne suis pas au courant". Un responsable républicain qui fait autre chose que des phrases, les interdit, et s’ils persistent, ils vont en prison. Le racisme n’est pas une opinion en France, c’est un délit ».

Conséquence des violences exprimées à l’occasion des manifestations contre le mariage homosexuel ?

8h51 - Jean-Luc Mélenchon : « Pendant les manifs pour tous, avec lesquelles je ne suis pas d’accord, des groupuscules d’extrême droite se sont infiltrés. Des structures quasiment paramilitaires, provoquant les forces de l’ordre, des groupes qui font des films et montrent leurs camps d’entraînement. Par confort politique, certains ont voulu assimiler ces groupuscules à une manifestation de gens qui expriment un point de vue. C’est un confort de situation. Ça, c’est l’instrumentalisation de l’extrême droite ».

Faut-il dissoudre ces groupuscules ?

8h46 - Jean-Luc Mélenchon : « Oui, le code de sécurité intérieure le permet. Avant la guerre, nous avions dissous les ligues fascistes, ce qui nous a permis de ne pas tomber dans le fascisme. En octobre 2012, Manuel Valls a dit réfléchir à la possibilité d’interdire des gens qui occupaient le chantier d’une mosquée par haine des musulmans. Qu’a-t-il fait de ces pieuses réflexions ? Jean-Marc Ayrault veut "tailler en pièces" ces groupes. Il n’y a qu’une façon de faire, c’est l’interdiction. La République n’est pas une règle neutre, c’est un idéal, une vision des rapports entre les humains ».

Valls joue-t-il avec l’extrême droite ?

8h46 - Jean-Luc Mélenchon : « On me cible au PS, on me renvoie dos à dos avec le Front national. La dissolution du Front national est défendue depuis 15 ans, on m’a expliqué que ce n’était pas comme ça qu’il fallait faire. Il n'en est plus question aujourd'hui, mais le droit nous le permet. Le PS a instrumentalisé à mort l'extrême droite ».

8h43 - Jean-Luc Mélenchon : « L’UMP et le PS disent qu’il y a des extrêmes, ils renvoient tout le monde dos à dos. Ensuite il y a un appareil médiatique, qui a des lecteurs de droite, qui virent vers l’extrême droite, donc ils leurs servent leur soupe. Il y a une campagne pour dédiaboliser l’extrême droite et me diaboliser moi, comme ces jeunes qui militent dans des groupes antifascistes. Ce sont des gens qui vont au bout de leurs convictions ».

8h42 - Jean-Luc Mélenchon : « Bien sûr que oui, c’est un fait politique, arrêtez vos salades, quand des groupes d’extrême droite assassinent ! Madame Le Pen continue de dire qu’elle n’a rien à voir avec ces gens, alors que le chef des Jeunesses nationalistes révolutionnaires était sur les marchés d’Hénin-Beaumont, et Serge Ayoub explique aux Inrocks comment il a fait campagne pour Marine Le Pen ! ».

Une récupération politique ?

8h39 - Jean-Luc Mélenchon : « Il y a eu une manifestation de soutien, il y en aura d’autres. Elle s’est passée aussi bien que possible. Il y avait une manifestation syndicale, car il était engagé, puis un rassemblement place Saint-Michel, organisé par les militants de mon parti ».

8h36 - Jean-Luc Mélenchon : « C’est un jeune qui pourrait être votre fils ou le mien, bon élève, il s’engage politiquement, il va à une vente privée, il croise des gens armés de poings américains. Un jeune homme a été assassiné. Depuis deux jours, vous passez votre temps à mettre un signe égal entre le bourreau et la victime. Mais récupérer quoi ? ».

Revivez aussi l'émission Bourdin & Co de ce vendredi matin, consacrée au décès du jeune militant antifasciste Clément Méric, avec notamment le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, le vice-président du Front National Florian Philippot et la spécialiste des groupes d'extrême droite Magali Balent.

Mathias Chaillot avec Jean-Jacques Bourdin