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Mobilisation contre l'antisémitisme: 20.000 personnes à Paris, plusieurs centaines à Marseille et Strasbourg

Plusieurs personnalités politiques se sont rendues place de la République à Paris, notamment Anne Hidalgo, Édouard Philippe, ou encore les deux anciens chefs de l'Etat Nicolas Sarkozy et François Hollande.

20.000 personnes, selon les chiffres communiqués par le Parti socialiste, se sont réunies place de la République à Paris ce mardi soir pour dire non à l'antisémitisme, à l'appel d'une cinquantaine de partis, associations et mouvements. 

Dans la foule, des pancartes "Ça suffit" - le mot d'ordre du rassemblement -, "non à la banalisation de la haine". Un périmètre de sécurité a été délimité par des barrières au centre de la place noire de monde, où les responsables politiques ont commencé à se presser vers 19 heures.

Un appel d'Olivier Faure

"Il fallait aujourd'hui dire ça suffit, dire que tout n'est pas possible, et quand on voit ces actes qui se multiplient, il est temps de réagir ensemble et de la meilleure des manières", a déclaré le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, à l'origine de cette mobilisation massive.

Face à la recrudescence des actes antisémites (+74% en 2018), Olivier Faure avait lancé la semaine dernière un appel d'abord signé par quatorze partis, rejoints depuis par de nombreuses autres organisations.

Hollande et Sarkozy place de la République 

Son prédécesseur Nicolas Sarkozy a quant à lui réclamé "la fermeté de l'État". "Je fais confiance aux autorités pour prendre les décisions nécessaires. Des individus insultent l'autorité de l'Etat et il doit répondre" a-t-il déclaré.

Philippe promet un "travail législatif"

Egalement présent, le Premier ministre Edouard Philippe a promis un "travail législatif" contre l'antisémitisme.

"Se rassembler ce n'est pas suffisant mais c'est nécessaire. Il y aura probablement un travail législatif pour prendre les mesures qui s'imposent et punir sévèrement tous ceux qui mettent en cause ce que nous sommes. Ce rassemblement, calme et solennel, dit beaucoup sur ce que nous sommes et j'en suis heureux", a-t-il indiqué.

De nombreux politiques réunis à Paris

Outre de nombreux membres du gouvernement, la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), le chef de file de Générations, Benoît Hamon, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse (LR), le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, des députés LaREM et des représentants de la France insoumise ont été aperçus.

Le président de LR, Laurent Wauquiez, a pour sa part lancé: "Ça suffit les croix gammées, les insultes"."C'est un sursaut républicain mais cela ne peut pas suffire non plus. On a besoin d'actes, de vraies décisions. Avant de changer la loi, commençons déjà par l'appliquer. Que les actes antisémites soient jugés. Derrière les actes antisémites, il y a la question de l'islamisme intégriste", a poursuivi Laurent Wauquiez.

Plusieurs gilets jaunes se sont par ailleurs rendus à la manifestation, notamment Côme Dunis et Frédéric Mestdjian, de la liste "Ralliement d'initiative citoyenne".

Mélenchon à Marseille, Valls à Lyon

À Strasbourg, où le cimetière juif de Quatzenheim a été profané le jour-même, pas moins de 1.700 personnes se sont recueillies. Deux jeunes gens y ont lu l'allocution prononcée par Simone Veil le 28 janvier 2005 à Auschwitz-Birkenau ainsi qu'un texte de Louis Aragon contre la "plante monstrueuse" de l'antisémitisme a été suivie par une longue minute d'un silence et d'une Marseillaise.

À Lille, plus d'un millier de personnes étaient rassemblées pour "dire non" à l'antisémitisme, et respecter une minute de silence, largement applaudie par la foule. La maire socialiste de Lille Martine Aubry et du président des Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR).

Manuel Valls et Gérard Collomb étaient eux présents à Lyon, a fait savoir ce dernier dans un tweet. 

Cyrielle Cabot avec AFP