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Mélenchon oppose une fin de non-recevoir à l'appel à l'union de Hamon

Jean-Luc Mélenchon au Havre.

Jean-Luc Mélenchon au Havre. - Capture d'écran BFMTV

Jean-Luc Mélenchon était en meeting au Havre (Seine-Maritime) ce mercredi. Après l'appel lancé à son endroit par Benoît Hamon, le leader de la "France insoumise" a refusé tout net d'ouvrir de nouvelles discussions avec le candidat du Part socialiste.

Au Havre, dans une salle bondée où il donnait son meeting, Jean-Luc Mélenchon a refusé sans ambiguïté d'entrer en négociations avec le candidat du Parti socialiste, en vue d'une éventuelle candidature unique. "J'ai marché avec vous mon chemin, sans jamais céder à rien. Et je ne vais pas commencer aujourd’hui à faire le contraire ou à m’engager dans je ne sais quel arrangement qu’on me suggère de faire." Plus tôt ce mercredi, Benoît Hamon, décroché dans les sondages par son voisin de gauche, avait lancé à Jean-Luc Mélenchon, les communistes et la "France insoumise" un appel au rassemblement

"Qu'allait-il faire dans cette primaire?"

Le candidat de la "France insoumise" s'est félicité de n'avoir pas participé à la primaire à gauche. "Dites, de temps à autres, on peut quand même se dire content de ses choix. Parce que sur quel ton ne m’a-t-on pas demandé d’aller dans cette primaire ?", a noté Jean-Luc Mélenchon. Le député européen a poursuivi en faisant allusion à la situation difficile du vainqueur de cette primaire, Benoît Hamon, miné par les défections en faveur d'Emmanuel Macron au sein de son propre camp, à commencer par celle de l'ex-Premier ministre, ce mercredi, Manuel Valls: "Et maintenant, j’ai envie de vous faire du Molière : ‘Qu’allait-il faire dans cette primaire ?’, paraphrasant ici une célèbre réplique des Fourberies de Scapin du dramaturge français. Selon Jean-Luc Mélenchon, s'agissant du désarroi dans lequel est plongée la campagne de Benoît Hamon, le ver était dans le fruit de la primaire:

"On m’a dit que s’y allais je vaincrai. Pour quoi faire ? Pour voir dès le lendemain, la moitié des troupes se sauver de tous côtés et sitôt qu’il y a un revers s’affoler. Ce mode de désignation des candidats ne permet pas de surmonter les divergences profondes qui apparaissent naturellement à intervalles réguliers dans la politique."

Jean-Luc Mélenchon avait bien l'intention de marteler son message: "Je resterai fidèle à la parole donnée. D’abord, celle que j’ai donnée à vous: je ne dépends que de vous. Et je ne négocierai rien avec personne à aucun moment." Un refus des tractations que l'homme politique double d'un appel aux sympathisants de Benoît Hamon à le rejoindre: "La fermeté du caractère et de la décision n’empêche pas de dire 'bienvenue' à tous ceux qui veulent prendre place dans nos rangs qui ne demandent rien, comme nous-mêmes nous ne demandons rien." 

Benoît Hamon, "un pauvre candidat"

Pour le reste, il n'existera entre les deux hommes qu'une relation a minima. "J’ai dit à Benoît Hamon que je m’engageai avec lui sur un code de bonne conduite, quoiqu’il arrive je le respecterai…moi", a piqué Jean-Luc Mélenchon. 

Le candidat de la "France insoumise" voit dans le candidat désigné par la primaire de la Belle alliance populaire la dupe d'une recomposition d'une majorité s'effectuant dans son dos: 

"On a tous compris ce qui est en train de se tramer. On agite un malheureux candidat que l’on dépouille chaque jour d’une partie de son équipage et pendant ce temps on trafique et on arrange en prévoyant une future majorité de ceci avec bidule etc. parce qu’après tout ça ne leur pose pas vraiment un problème de s’allier avec quelqu’un comme monsieur Macron qui traîne dans ses fourgons onze anciens ministres de Chirac."

Une chose est sûre: les "fourgons" de Jean-Luc Mélenchon et ceux de Benoît Hamon ne se rejoindront pas. Ce dernier, qui était en meeting à Lille (nord) ce mercredi, a dit à ses partisans qu'il regrettait "profondément" que Jean-Luc Mélenchon refuse de se rallier à lui. 

dossier :

Benoît Hamon

Robin Verner avec AFP