BFMTV

Macron sur ceux qui "foutent le bordel": l'Elysée tente de désamorcer la polémique, les réactions pleuvent

Le porte-parole du président, Bruno Roger-Petit, a dénoncé une citation "tronquée" et "sortie de son contexte".

Après "ceux qui ne sont rien", les "illettrés" de Gad et les "fainéants", le président s'en est pris mercredi à "ceux qui foutent le bordel" lors d'un déplacement en Corrèze. "Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d'aller regarder s'ils peuvent avoir des postes là-bas. Parce qu'il y en a qui ont les qualifications pour le faire", a déclaré Emmanuel Macron, évoquant les difficultés de l'usine Ussel pour recruter, alors qu'il discutait avec Alain Rousset, le président (PS) de la région Nouvelle-Aquitaine.

Des propos accompagnés d'un geste de la main, alors que manifestaient les salariés de GM&S, placée en liquidation judiciaire en juin. Des heurts ont éclaté durant l'après-midi entre les forces de l'ordre et les salariés, qui souhaitaient s'entretenir avec le chef de l'Etat lors de ce déplacement à Égletons sur le thème de la formation professionnelle.

L'Elysée dénonce "une citation tronquée"

Après plusieurs "petites phrases" polémiques, cette nouvelle sortie du président de la République a déclenché un tollé immédiat. Mercredi soir, l'Elysée a tenté en vain de désamorcer la crise. Mais les réactions pleuvent, venues aussi bien du Front national que du Parti socialiste et de la France insoumise. 

"Citation tronquée sortie de son contexte. @EmmanuelMacron a rappelé que la recherche de solutions en matière d'emploi dépend de la responsabilité de tous les acteurs. Exemple: #whirlpool", a écrit sur Twitter Bruno Roger-Petit, qui a plus tweeté ces deux derniers jours qu'au cours des semaines écoulées depuis sa nomination.

Le porte-parole du chef de l'Etat a ensuite publié ce qu'il appelle "la vraie citation en version non tronquée", qui est sensiblement la même que les propos dénoncés.

La République en marche temporise

Même tentative de sauvetage de la part de La République en marche. "Il dit qu’il y a du boulot, qu’il y a de l’emploi, des solutions qui existent", a estimé sur notre antenne Aurore Bergé, porte-parole du groupe LaREM à l'Assemblée.

"Il ne désigne personne par cette expression", a-t-elle insisté. 

Des nuances qui n'ont pas suffi à éteindre le début d'incendie. "Le naturel revient au galop", a déploré sur BFMTV Eric Coquerel, député la France insoumise de Seine-Saint-Denis, qui a dénoncé la "morgue" du président "né avec une cuillère dorée dans la bouche". 

"Chercher du boulot", #Macron ne sait pas ce que c'est. Le "#bordel", c'est lui!", a renchéri Adrien Quatennens, député FI du Nord. 

"Insulte" et "mépris"

Un son de cloche quasi identique du côté de la droite et de l'extrême droite. "Des salariés se battent pour leur boulot: tout ce que trouve à faire Macron c’est de ressortir son habituel mépris de classe. Insupportable", a tweeté Florian Philippot, le président des Patriotes.

"Emmanuel Macron continue d'insulter les Français, de mépriser ses contradicteurs, de + en + trivialement. Le mépris en marche", a écrit le député frontiste du Nord, Sébastien Chenu.
"Macron ne manque pas une occasion d'exprimer son mépris pour les Français", a estimé Valérie Boyer, députée et porte-parole des Républicains.

Condamnation unanime de gauche à droite

Luc Carvounas, député et membre de la direction nationale du PS, a convoqué quant à lui le département symbolique dans lequel le chef de l'Etat a tenu ses propos. "Macron en Corrèze chez Chirac et Hollande pour insulter les ouvriers. Le vrai bordel ce sont les ordonnances", a-t-il tweeté. Même renvoi du président de la République à ses prédécesseurs de la part de Sébatien Dénaja, porte-parole du PS.

"Il est loin le temps des De Gaulle, Pompidou et Mitterrand, ce temps où le président parlait français et des Français avec respect", a-t-il dénoncé. 

Charlie Vandekerkhove