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Loire-Atlantique: des députés LaREM veulent une "consultation populaire" sur le rattachement avec la Bretagne

55 élus se sont prononcés pour que l'État organise un référendum dans les deux régions concernées.

55 élus se sont prononcés pour que l'État organise un référendum dans les deux régions concernées. - Jean-Sebastien Evrard - AFP

Dix-neuf élus de la majorité insistent sur une "volonté populaire très forte" pour ce rattachement du département de la Loire-Atlantique à la région Bretagne. Mais une consultation populaire n'a pas valeur de décision.

C’est une question qui agite l’ouest de la France depuis des décennies. Nantes, et plus largement la Loire-Atlantique, se rêve bretonne bien plus qu’elle ne se reconnaît dans les Pays-de-la-Loire. Dix-neuf députés LaREM ont publié un communiqué jeudi soir dans lequel ils demandent l’organisation d’une consultation populaire pour aller dans le sens de ce rattachement.

Une pétition "Bretagne Unie" dépasse les 100.000 signatures

“Il y a une volonté populaire très forte”, assure à BFMTV la députée de la troisième circonscription de Loire-Atlantique, Anne-France Brunet. D’après elle, “les trois quarts des électeurs” seraient très favorables à ce changement de région. La député peut s’appuyer sur plusieurs éléments récents attestant d'une volonté toujours très vive.

D’abord, une pétition "Bretagne Unie" qui a récemment réuni plus de 100.000 signatures dans le département autour d'un projet clair: rejoindre la Bretagne. Les 62 élus du conseil départemental vont donc voter lundi prochain pour ou contre le rattachement. Jeudi soir, c’est le conseil régional de Bretagne qui a voté, à l’unanimité, en faveur d’un “référendum” si les élus du département voisin s’y déclarent également favorables.

Le casse-tête du périmètre

À la suite de ces deux votes, une consultation locale pourrait donc bien avoir lieu. “Une preuve que le personnel politique écoute les demandes, notamment traduites dans le mouvement des gilets jaunes”, estime Anne-France Brunet. Cette consultation est encadrée par la loi de 2015 sur la réforme des régions. Elle prévoit en effet un “droit d’option” permettant d’interroger les citoyens sur la séparation ou le rattachement fait à l’époque. Ce droit, provisoire, prend fin en mars 2019, ce qui explique la précipitation des députés LaREM.

Mais le périmètre de cette consultation locale fait débat. Faudrait-il interroger seulement les habitants de la Bretagne et de la Loire-Atlantique ou de l’ensemble des Pays-de-la-Loire? “Évidemment, c’est un problème”, reconnaît la député de la majorité. Car il y a fort à parier que les autres habitants des Pays-de-la-Loire souhaitent avoir leur mot à dire dans ce rattachement, d’autant qu’ils se retrouveraient amputés de l’un des principaux poumons économiques de la région: la ville de Nantes.

Surtout, en dépit de la bonne volonté des députés LaREM, une consultation populaire n’a, à l’inverse d’un référendum, pas de valeur contraignante. Il est, comme son nom l’indique, uniquement consultatif.

Esther Paolini