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Les Républicains

Wauquiez met en garde Macron: "Le vrai débat, c'est avec les Français"

Laurent Wauquiez, président des Républicains, à Valence le 24 janvier, à la sortie de la rencontre d'Emmanuel Macron avec les élus de la Drôme.

Laurent Wauquiez, président des Républicains, à Valence le 24 janvier, à la sortie de la rencontre d'Emmanuel Macron avec les élus de la Drôme. - Capture BFMTV

Le président des Républicains s'est entretenu une cinquantaine de minutes avec le chef de l'État.

Ce fut leur premier entretien depuis l'arrivée de l'un à la tête de l'État, et de l'autre à la tête du premier parti d'opposition. Ce jeudi à Valence, dans la Drôme, Emmanuel Macron et Laurent Wauquiez se sont entretenu pendant une cinquantaine de minutes avant que le président n'aille à la rencontre d'une soixantaine d'élus du département, son troisième exercice du genre. 

Pour le patron des Républicains, il s'agissait d'un moment important, une occasion pour lui de renforcer sa stature d'opposant prêt à débattre pied à pied avec le chef de l'État.

Une "mise en scène bien rodée"

À l'issue de la réunion à laquelle a participé Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez a dit quelques mots de leur échange. Craignant, comme il l'avait déjà affirmé en amont sur France 3, que les "vraies préoccupations des Français" soient mises "petit à petit sous le tapis", le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes a mis en garde le président. 

"Un débat, c'est aller directement échanger avec les Français. La séance d'aujourd'hui, c'est très bien; c'est une mise en scène bien rodée, c'est des invitations filtrées, des prises de parole organisées, une réponse calibrée. Mais c'est pas ça, un débat. (...) Quels sont les Français qui, spontanément, ont pu aller discuter et échanger avec le président de la République?"

"Ce sera un échec"

Laurent Wauquiez est allé plus loin dans sa critique du format choisi (pour l'instant) par Emmanuel Macron pour répondre au mécontentement des Français. Il a qualifié de "bulle" ces sessions de dialogue prolongé entre chef de l'État et maires. "Il faut qu'il aille sur le terrain, et qu'il échange directement avec les Français, sans filtre, parce que sinon le débat va finir par tourner à vide et ce sera un échec", estime le président de LR. 

L'attaque n'a rien d'anodin: certains membres de la majorité ou de l'entourage d'Emmanuel Macron commencent à exprimer leurs doutes, par exemple dans les colonnes de L'Opinion, sur la pertinence de ce format "président face aux élus". 

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, qui accompagnait Emmanuel Macron lors de ce déplacement, a évoqué le "respect" dont était empreinte la rencontre entre les deux hommes. "Lorsque le président de la deuxième région de France parle au président, on enlève les armures, on enlève les postures. [Laurent Wauquiez] joue son rôle, c'est respectable", a-t-il déclaré aux médias présents à Valence. 
Jules Pecnard