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Un vote électronique est-il possible à l'UMP ?

Vote papier ou vote électronique ? L'UMP pose la question, mais a du mal à trouver une réponse.

Vote papier ou vote électronique ? L'UMP pose la question, mais a du mal à trouver une réponse. - -

Abandonné il y a six mois, le vote par Internet pourrait revenir dans l'accord sur un nouveau vote négocié entre François Fillon et Jean-François Copé. Mais de nombreuses questions restent en suspens.

Il y a six mois, le vote par Internet avait été rejeté par l’UMP ; plébiscité par le camp Fillon, il avait pourtant été écarté notamment en raison de son coût. Six mois plus tard, c’est une famille politique divisée qui essaie de recoller les morceaux. Et dans les modalités du nouvel accord Copé-Fillon, figure de nouveau l’hypothèse d’un vote par Internet. Un mode de scrutin qui soulève de nombreuses questions. Revue de détails.

Pourquoi un tel retour ?

Parmi les hypothèses, l'aspect pratique du vote sur Internet semble prédominer : c'est un moyen de mobiliser de nouveau les électeurs, sans leur demander de faire la queue pendant des heures. Quant à ceux qui ne peuvent pas se déplacer, ils n'ont pas besoin d'avoir recours à la procuration, fortement controversée, pour voter.

Quelles garanties de sécurité ?

Comment être sûr que le vote électronique ne sera pas l’objet de fraudes ? "On l’a vu lors des législatives de mai dernier : des hackers plus malins que les autres peuvent modifier les scrutins", rappelle Pascal Samama, rédacteur en chef adjoint de 01net.com. "Et puis cela pose beaucoup de questions : où vont être hébergés les serveurs, qui y aura accès ? Quel logiciel sera utilisé ?". Pour le député fillonniste Lionel Tardy, "sans signature électronique, le vote par Internet n’offre pas assez de garanties de sécurité. Cela ne vaut pas le coup", explique-t-il à BFMTV.com. Dans ce cas, pourquoi ne pas instaurer la signature électronique ? "Parce que c'est beaucoup trop cher pour un seul vote", répond l'élu de Haute-Savoie.

Un coût trop élevé ?

Le coût du scrutin électronique est un argument de poids : il représente 500.000 euros, contre 150.000 pour un scrutin classique. Difficile pour l’UMP, en pleine crise financière, d'assumer une telle dépense. "La question du coût ne se pose pas, pour Lionel Tardy. S’il faut que chaque député mette 1.000 euros pour financer un nouveau vote, on le fera. Et mettre en place un vote électronique moins cher est certainement possible. Si l’UMP doit être encore plus dans le rouge, elle le sera."

Qui va s’en charger ?

C’est l'une des questions encore sans réponse. L’accord sur lequel Jean-François Copé et François Fillon devraient s’aligner évoque notamment le recours à une société extérieure pour l'organisation, et la création d’une Haute autorité indépendante pour gérer le scrutin. Mais qui siègerait dans cette commission ? Pour l’instant, personne ne semble le savoir. Mais une chose semble claire pour les deux camps : l’UMP ne devra pas s’occuper concrètement du scrutin.

• Les plus âgés mis à l'écart ?

L'un des risques du vote par Internet serait la mise à l'écart d'une partie des électeurs, et notamment des plus âgés qui n'auraient pas de connexion à Internet. Des électeurs vulnérables, car potentiellement victimes de tentatives d'influence. Les négliger serait une erreur pour l'UMP, et notamment pour le camp Fillon, qui vise un électorat plus classique.

Ariane Kujawski