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Réforme du collège: "Un mélange de fébrilité et de provocation", critique Luc Chatel

Luc Chatel était l'invité de BFMTV ce mercredi soir.

Luc Chatel était l'invité de BFMTV ce mercredi soir. - BFMTV

L'ancien ministre de l'Education nationale était ce mercredi soir l'invité de BFMTV, pour réagir au décret publié dans la journée, et qui vient concrétiser de manière bien plus rapide que prévu la très contestée réforme du collège. Une démarche "un peu curieuse", selon le député UMP.

"Détermination" ou "passage en force"? A ses yeux, il s'agit plutôt d'une "provocation" et d'un acte de "fébrilité". Invité de BFMTV ce mercredi soir, le député UMP Luc Chatel est revenu sur le décret qui concrétise la réforme contestée du collège, publié ce mercredi, au lendemain d'une grève des enseignants.

Si cette accélération a immédiatement été décriée par ses opposants, le gouvernement a promis de poursuivre le dialogue. "C'est un peu un mélange de fébrilité et de provocation", a commenté sur notre antenne celui qui fut ministre de l'Education nationale sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Selon Luc Chatel, la séquence choisie par l'exécutif pour agir est particulièrement mal choisie.

"On cloue le bec à tout dialogue"

"Au moment où une partie des enseignants conteste la réforme, au moment où il y a une vraie émotion chez les intellectuels, à ce moment-là, il (le gouvernement, Ndlr) choisit d'accélérer. C'est un peu curieux", a jugé l'ancien secrétaire général de l'UMP.

Pourquoi? "Toute la semaine, le Premier ministre et la ministre de l'Education nationale nous ont expliqué qu'ils étaient ouverts au dialogue, et tout d'un coup, boum, au beau milieu de la nuit on prend un décret qui clôt la réforme, et qui cloue le bec à tout dialogue", a-t-il regretté.

Selon Luc Chatel, ce fameux débat aurait justement mérité d'être poursuivi, car il ne s'agissait pas uniquement d'une question partisane à ses yeux: "Je pense que le gouvernement se trompe sur une chose, ce n’est pas parce que c’est l’opposition qui a porté ce débat que c’est un affrontement droite/gauche. A mon avis, c’est un vrai différend idéologique entre d’un côté ceux qui croient en l’école républicaine (...) du mérite, du travail de l’excellence et qui sont de droite mais aussi de gauche, comme Jean-Pierre Chevènement, Jack Lang (...). Et puis ceux qui sont sous l’influence de ce qu’on appelle les pédagogistes et avec ces théories d’égalitarisme, où il faut de l’égalité à tous les étages, et qui arrivent souvent à un nivellement par le bas".

Une procédure tout à fait normale

La réforme du collège était prévue dans la loi sur l'école de 2013 et n'avait donc pas besoin de passer devant les parlementaires. Les textes publiés mercredi avaient, eux, reçu un avis positif de la communauté éducative, il y a cinq semaines, mais il restait à les promulguer. 

Jé. M.