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Propos polémiques sur les Roms: le maire suspendu de l'UMP du Var

Le maire UMP Luc Jousse a tenu à au moins deux reprises des propos polémiques sur les Roms.

Le maire UMP Luc Jousse a tenu à au moins deux reprises des propos polémiques sur les Roms. - -

Le maire UMP Luc Jousse a récidivé sur les Roms lors d'une réunion publique le 27 novembre, comme le montre un enregistrement fourni à BFMTV. L'élu a été suspendu de l'UMP départementale jeudi. L'UMP nationale se prononcera mercredi.

Il se défend en arguant qu'il n'avait fait que reprendre une phrase prononcée par un habitant, qu'il regrette d'avoir prononcée... Mais il a pourtant récidivé. Dans un nouvel enregistrement fourni à BFMTV, le maire UMP de Roquebrune-sur-Argens tient sur les Roms des propos quasi-identiques à ceux qui font polémique. La scène se déroule lors d'une autre réunion publique, le 27 novembre, soit deux semaines après la première réunion dont le contenu a été révélé mercredi par Mediapart.

Luc Jousse évoque encore une fois la présence de Roms dans sa ville du Var, sur la Côte-d'Azur, et les incendies qui ont éclaté dans leur campement. "Les câbles électriques qu'ils nous volent, partout, il les ont pris, ils les ont brûlés pour les faire chauffer, pour récupérer le cuivre... Et ils ont foutu le feu à leur propres câbles. Si vous voulez que je sois plus précis, c'est presque dommage que l'on ait donné l'alerte si tôt..."

Interrogé sur ce second enregistrement, l'élu maintient sa ligne de défense: ses propos ne sont pas de lui, et son seul regret est de les avoir répétés. "Ce n'est pas un dérapage. C'est les propos d'un riverain excédé, et je précise à chaque fois que la phrase n'est pas de moi. Jamais je n'aurais pu prononcer de tels propos. La meilleure preuve, c'est que quand leur camp a pris feu, par neuf fois, j'ai alerté les secours."

"Pas de mosquée, parce que ma France, elle est catholique"

Une ligne de défense qui ne tient pas selon l'auteur des deux enregistrements, Gilbert Branchet, responsable du collectif des Indignés de Roquebrune, et habitant de la ville. "Deux fois, il y aurait eu des mouvements dans le public pour tenir une telle phrase? On ne peut pas y croire", affirme le jeune homme, interrogé par BFMTV.

D'autant que ce ne serait pas la première fois que le maire de Roquebrune tient des propos déplacés. Lors de cette seconde réunion publique, Luc Jousse, interrogé par un habitant sur une éventuelle mosquée dans la ville, lui répond: "Tant que je serai maire, il n'y aura pas de mosquée, parce que ma France, elle est catholique." Une déclaration très applaudie. Le maire de Roquebrune, dans cette affaire, bénéficie du soutien assumé d'une partie de ses administrés.

Toujours selon nos informations, Luc Jousse a été suspendu jeudi matin par l’UMP départementale, qui a demandé à l’UMP nationale de confirmer cette suspension en vue d’une exclusion lors du bureau politique de mercredi prochain.

A. G. avec Ani Basar et Benoît Ruiz