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Présidence l'UMP : guerre des soutiens entre Fillon et Copé

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Copé se targue d'avoir été plébiscité dans la course aux parrainages, mais son adversaire a engrangé plus de soutiens de poids. La bataille fait rage autour des derniers indécis.

La bataille pour la présidence de l'UMP va se résumer à un duel entre François Fillon, favori des sondages auprès des sympathisants UMP et son rival Jean-François Copé, secrétaire général du parti depuis deux ans. Alors que piques et autres noms d'oiseaux sont déjà copieusement échangés entre pro-Fillon et pro-Copé, les deux qualifiés vont, pendant deux mois, se rendre coup pour coup pour tenter de succéder à Nicolas Sarkozy à la tête de la droite et devenir le chef de l'opposition à François Hollande.

En attendant, la bataille des soutiens est féroce, d'abord autour des ténors du parti, ensuite et surtout autour des derniers indécis tels Xavier Bertrand, François Baroin ou encore Alain Juppé, ou les candidats malheureux qui ceux se sont heurtés au lourd obstacle des parrainages d'adhérents requis, Bruno Le Maire, qui ne soutiendra personne, et Nathalie Kosciusko-Morizet.

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Les indécis

L'ex-ministre de l'Écologie a été claire : elle ne se prononcera pas, pour l'instant. "Je ne vais pas à mon tour alimenter ce duel", a-t-elle déclaré après avoir annoncé n'être pas parvenu à récolter les 7.924 parrainages requis pour présenter son ticket aux militants.

Tout comme Michèle Alliot-Marie, Alain Juppé n'est pas pressé de choisir entre Jean-François Copé et François Fillon. L'ex-ministre des Affaires étrangères, qui craint que la campagne ne tourne au "combat fratricide" se déterminera "en fonction de ce qui sera dit". Quant à Xavier Bertrand, il a dans un premier temps feint d'hésiter, assurant avoir franchi la barre des 8.000 parrainages, pour mieux refuser le poste de président du Conseil national du l'UMP (le parlement du parti) proposé par Fillon et présenter sa candidature à la primaire en vue de l'élection présidentielle de 2017.

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Côté Fillon

Les Ténors

Si Jean-François Copé se targue d'avoir récolté plus de soutiens que son adversaire parmi les militants, revendiquant pas moins de 30.000 parrainages, ce qui constitue selon lui un indicateur plus fiable des intentions de vote que les sondages, son adversaire a engrangé ces dernières semaines un grand nombre de ralliements parmi les poids lourds du parti. L'annonce de son équipe faite par son directeur de campagne Eric Ciotti avec l'ex-ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez comme possible vice-président délégué et l'ex-ministre du Budget Valérie Pécresse comme secrétaire générale, l'ancien Premier ministre a pu compter dans ses soutiens des noms de prestige comme Patrick Devedjian, Gérard Longuet, Hubert Falco, ou encore Benjamin Lancar, et Christian Estrosi.

La "Prise de guerre"

L'ancien ministre et maire de Nice qui avait maintenu le suspense quelques jours, laissant planer le doute sur la possibilité de jouer sa propre carte a effet finalement rallié François Fillon. Une véritable "prise de guerre" pour l'ex-Premier ministre, qui met dans sa poche le secrétaire général de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy et l'un des personnages clefs de la troisième fédération UMP en termes de militants (12.000, derrière Paris et les Hauts-de-Seine).

Le Jeune loup

Le président des jeunes populaires, le mouvement jeune de l'UMP, Benjamin Lancar a choisi de soutenir celui qui incarne pour lui "la diversité en politique" et "connaît parfaitement le pays et les attentes des Français". Sans surprise. Celui qui s'était fait connaître du grand public fin 2009 avec un "Lip dub", clip promo chantant, critiqué jusque dans les rangs de l'UMP, a vu ses déplacements et prises apparition médias subitement verrouillées par Jean-François Copé à la tête du parti, l'actuel secrétaire général préférant au jeune loup des espoirs moins médiatiques.

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Côté Copé

Le noyau dur

Le député-maire de Meaux a choisi comme numéro deux son ami de la bande des "Mousquetaires", l'ancien ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, alors que sa secrétaire générale sera Michèle Tabarot. Ses soutiens, il est allé les chercher "avec les dents", dixit son directeur de campagne Roger Karouchi. Parmi eux, notamment : Jean-Pierre Raffarin, Rachida Dati, ou encore Valérie Rosso-Debord.

L'"Épine dans le pied"

Sans surprise, Nadine Morano soutient l'actuel secrétaire général du parti d'opposition. "Le mieux placé", selon elle, "pour incarner une UMP tonique". L'ancienne ministre, qui s'était fait désirer un temps en laissant planer le doute sur ses intentions, a finalement choisi le plus sarkozyste des candidats, qu'elle préférait déjà en juin "cent fois" à l'ex-Premier ministre. "Une épine dans le pied du secrétaire général sortant", se réjouit-on dans le camp Fillon, face au ralliement à leur adversaire de celle qui aura réussi l'exploit de perdre son portefeuille de député malgré un appel désespéré aux électeurs du Front national et qui, depuis, enchaîne les bourdes politiques et les prises de positions douteuses.

L'héritier

Côté jeunes, le maire de Meaux est soutenu "à fond" par le vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine et fils cadet de l'ex-président de la République, Jean Sarkozy, lequel a vanté les mérites de celui qu'il estime avoir a été "absolument exemplaire" pour soutenir Nicolas Sarkozy là où certains ont eu "parfois la main qui tremble", louant son "courage", sa "solidité" et sa "franchise", notamment à l'époque de l'interdiction de la burqa, qui avait provoqué des réticences jusque dans son propre camp.