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Pour 2 mois au Conseil d'Etat, Laurent Wauquiez a cumulé 13 ans de droits à la retraite

Laurent Wauquiez est mis en détachement de la fonction publique

Laurent Wauquiez est mis en détachement de la fonction publique - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, mis en détachement de la fonction publique depuis son élection en tant que député en 2004, bénéficie de droits à la retraite dépuis treize ans pour un travail effectué pendant deux mois seulement au Conseil d'État.

Laurent Wauquiez peut poursuivre sa carrière politique sereinement. Comme l’a repéré Lyon Capitale après la publication d’un arrêté au Journal officiel, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes s’est vu renouveler par Édouard Philippe sa mise en détachement pour cinq ans de son poste de maître des requêtes au Conseil d’État. Un statut dont il jouit depuis 2004.

Après l’ENA, Laurent Wauquiez a intégré le Conseil d’État en 2001. Trois ans plus tard, il quitte son poste d’auditeur pour celui de maître des requêtes. Seulement voilà, le favori à la présidence des Républicains souhaite se consacrer à une élection législative partielle et décide de se mettre en disponibilité. Élu en Haute-Loire, il obtient finalement sa mise en détachement de la fonction publique.

Ce statut lui permet de réintégrer son poste de maître des requêtes en cas de défaite électorale. Et ce n’est pas le seul avantage. Grâce à sa mise en détachement, Laurent Wauquiez a également pu bénéficier de droits à la retraite pendant treize ans pour un travail effectué deux mois seulement au Conseil d’État.

Une pratique légale

Cette situation place celui qui veut combattre le "cancer de l’assistanat" dans une position délicate. Pourtant, la pratique n’a rien d’illégale. En effet, depuis la loi de moralisation de la vie politique en 2014, seuls les parlementaires et ministres doivent se mettre en disponibilité et non en détachement de la fonction publique. En tant que président de région, Laurent Wauquiez n’est pas concerné par cette mesure.

Déjà en 2015, Laurent Wauquiez affirmait ne pas être prêt à démissionner de la fonction publique: "Ce qui est en jeu, c'est surtout de faire en sorte qu'il y ait plus de personnes du privé qui s'engagent dans la vie politique. [...] Je n'envisage pas de démissionner parce que, ce que je pense, c'est que le point qui est important, c'est plus de personnes du privé. C'est ça l'enjeu", avait-il tenté de justifier sur RTL.

Il n’empêche que cette situation fait tâche à quelques semaines de l’élection du nouveau président des Républicains. En 2014, Marianne révélait que François Hollande était lui aussi en détachement de la Cour des Comptes depuis plus de trente ans avant de démissionner en 2012. D’autres ont décidé d’abandonner leurs postes dans la fonction publique. C’est notamment le cas de Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire ou Emmanuel Macron qui avait démissionné après s’être présenté en tant que candidat à l’élection présidentielle.

Paul Louis