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Les amis de Sarkozy et "la thèse délirante du complot"

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy - -

REVUE DE PRESSE - La mise en examen de l'ancien président de la République a inspiré les éditorialistes de la presse française qui ont, pour beaucoup, ironisé sur les réactions hostile des amis de Nicolas Sarkozy à l'égard de la justice.

Après la mise en examen de Nicolas Sarkozy, la plupart des quotidiens français pointent la virulence des attaques de proches de l'ancien chef de l'Etat contre la justice.

Dans Libération, Eric Decouty déplore l'"incroyable diatribe contre le juge Gentil" d'Henri Guaino dont il pense que "ses mots" "attestent de son mépris pour les magistrats indépendants, pour la justice." L'éditorialiste évoque "les soudards de l'UMP" qui "reprennent sans vergogne, l'invraisemblable thèse du complot des juges quand ce n'était pas celui des socialistes... "

Alain Dusart dans L'Est Républicain estime également qu'"Henri Guaino pousse la caricature", alors que Patrice Chabanet (Le Journal de la Haute-Marne) juge que "les attaques frontales contre le juge Gentil (...) sont des plus discutables et risquent d'être contre-productives. "

"Ce déchaînement contre le juge Gentil n'est pas le meilleur système de défense de l'ancien chef de l'État.", pense aussi Hervé Fabre de La Voix du Nord.

"Que la droite cesse de nous jouer les indignés"

"Nicolas Sarkozy et ses amis seraient avisés d'abandonner rapidement le registre du complot pour revenir à la défense classique de sa présomption d'innocence et laisser la justice suivre son cours normal." , juge Dominique Garraud dans La Charente Libre.

De son côté, Jean-Claude Souléry de La Dépêche du Midi souhaite que la justice puisse oeuvrer "selon nos lois qui s'appliquent à tous. Et que la droite cesse de nous jouer les indignés."

Dans Le Midi Libre, Yann Marec fait chorus: "En voulant crier trop fort à l'injustice, la droite s'est ridiculisée au point d'en être suspecte. "

Dans Sud-Ouest, Yves Harté souligne que "les fidèles, les demi-soldes" ont d'abord "accablé le juge d'instruction" avant de lancer "la théorie d'un complot politique, visant dans une même semaine à contrebalancer l'"effet Cahuzac" par un "effet Sarkozy". "

"Balayons une bonne fois la thèse délirante d'un complot "anti-Sarko" reliant Élysée et magistrature. Allégation qui ne résiste pas à deux secondes de réflexion.", écrit Patrice Guiller dans Le Courrier de l'Ouest.

"L'heure des comptes est venue"

L'éditorialiste du Courrier Picard trouve que "le plus fort" c'est de faire intervenir "celui qui en connaît un rayon en matière pénale, condamné plusieurs fois, après d'ailleurs avoir épuisé toutes les voies de recours, y compris les accords amiables avec Bercy ; Balkany, le Monsieur Propre de la politique", pour contester le travail du magistrat.

"Avant de faire de Sarkozy une "victime" et de pousser de cris d'orfraie pour dénoncer le "complot" des magistrats, peut-être l'UMP devrait-elle se souvenir que leur héros n'avait eu de cesse de supprimer le juge d'instruction ?" s'amuse Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées.

L'éditorialiste du Figaro, Yves Thréard rappelle que Nicolas Sarkozy avait "la dent très dure avec les magistrats" et suggère que le juge Gentil "ne peut que s'en souvenir." Et de se demander si ce ne serait pas "pour prendre sa revanche ?" "Si tel était le cas, ce ne serait pas en l'espèce un abus de faiblesse, mais un aveu de partialité.", ose-t-il.

"L'heure des comptes - qui se solderont peut-être par une mise hors de cause - est venue. Aucun leurre, attaque personnelle ou thèse d'un improbable complot n'y pourront rien.", conclut Francis Lafon dans L'Alsace-Le Pays.

Alors que Philippe Reinhard du Télégramme déplore que "le respect de l'indépendance de la justice n'est décidément pas dans les gènes de nos responsables politiques."

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S. A. avec AFP