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Le sort du mariage homo en 2017 divise l'UMP

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, est pris entre les différents courants existant dans son parti à propos du mariage pour tous

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, est pris entre les différents courants existant dans son parti à propos du mariage pour tous - -

Pour l'heure, Jean-François Copé a prudemment déclaré qu'"il y a des choses sur lesquelles il faudra se pencher" en 2017 dans la loi, notamment la question de "l'adoption" tandis qu'il a appelé les militants à manifester une dernière fois dimanche 26 mai.

Que faire de la loi sur le mariage homosexuel en cas d'alternance en 2017? Cette question, qui pèse déjà sur les municipales de 2014, divise l'UMP, dont le président, Jean-François Copé, navigue entre partisans et adversaires d'une abrogation.

Dans l'immédiat, si la participation à la manifestation du 26 mai pour la défense de la famille constitue un autre point de clivage - Jean-François Copé ira, mais pas François Fillon -, les responsables du parti se retrouvent en revanche pour ne pas embrayer sur la position du maire UMP de Vienne (Isère), Jacques Remillet, qui a déclaré lundi dans le Figaro refuser "de célébrer les mariages de même sexe".

"Réécrire avec clarté"

Pour l'heure, Jean-François Copé a prudemment déclaré sur TF1 qu'"il y a des choses sur lesquelles il faudra se pencher" en 2017 dans la loi, notamment la question de "l'adoption". Le lendemain au Monde, il a indiqué qu'il "faudra réécrire ce texte pour protéger la filiation et les droits de l'enfant". "Peut-être avec le recours au référendum", a-t-il ajouté.

"Quand Jean-François Copé dit réécrire, cela me va si c'est réécrire avec clarté. Si c'est réécrire pour esquiver, cela ne me va pas", a réagi lundi sur LCI le député UMP de la Drôme Hervé Mariton, un des principaux opposants au texte.

En 2017, "nous devons être capables de respecter les mariages qui ont été pratiqués entre 2013 et 2017 mais d'arrêter les mariages de couples de même sexe et de proposer à la place le contrat d'union civile", a-t-il martelé.

Marine Le Pen, la présidente du Front National (FN) a elle affirmé qu'elle supprimerait la loi si elle était élue.

NKM veut "dire la vérité"

Pour des raisons opposées, Luc Chatel, vice-président délégué de l'UMP, s'est déclaré dimanche "réservé" sur la stratégie en la matière de Jean-François Copé, qu'il avait soutenu lors de la bataille pour la présidence du parti.

"Dans quatre ans, le monde aura évolué. Nous avions déjà pris des positions de ce type là au moment du Pacs, nous ne sommes pas revenus en arrière", a-t-il dit sur France Inter/AFP/Le Monde.

Nathalie Kosciusko-Morizet, qui s'était abstenue sur le projet de loi à l'Assemblée, a exprimé dimanche sur BFMTV le même scepticisme: "on doit la vérité aux électeurs. Quand j'entends les uns ou les autres dire 'on abrogera la loi', comme si on pouvait démarier ou désadopter, je dis ce n'est pas vrai!".

Pagaille à Paris

Cette position pourrait la fragiliser lors les primaires pour la désignation du candidat de la droite aux municipales à Paris, qui se dérouleront du 31 mai au 3 juin, bien qu'elle soit favorite.

Le dirigeant du courant de la Droite forte, Guillaume Peltier, un des 20 vice-présidents de l'UMP, a ainsi souhaité lundi sur RTL "que ce ne soit pas Nathalie qui soit désignée", lui préférant deux autres candidats, Pierre-Yves Bournazel et Jean-François Legaret qui "ont dit que s'ils avaient été parlementaires, ils se seraient opposés à cette loi".

Selon Guillaume Peltier, la manifestation du 26 mai est "aussi un moyen pour faire pression sur la droite française et ses dirigeants" quant à l'avenir du mariage homosexuel. Jean-François Copé, pour sa part, répète qu'il s'agit avant tout de manifester "plus globalement contre la politique familiale du gouvernement".

Seul point d'accord entre tous les dirigeants de l'UMP: le respect de la nouvelle loi tant qu'elle existe.

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S. A. avec AFP