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"Le FN n'est pas anti-républicain" dit Morano dans une interview depuis retirée de L'Est Républicain

L'interview disparue du site de L'Est Républicain, accordée par Nadine Morano, ex-députée de Meurthe-et-Moselle.

L'interview disparue du site de L'Est Républicain, accordée par Nadine Morano, ex-députée de Meurthe-et-Moselle. - Nadine Morano, à Paris, le 27 mai 2014, a donné une interview fantôme à l'Est Républicain.

Retirer une interview d'un politique quelques heures après l'avoir publiée, voilà une démarche peu courante. C'est pourtant ce qu'il est advenu de l'interview accordée par Nadine Morano à L'Est Républicain, qui a eu le temps d'être reprise sur les réseaux sociaux.

Est-ce l'opinion jusqu'au-boutiste exprimée qui aurait finalement gêné le journal, est-ce une question de mauvais timming au jour du crash de l'Airbus A320 de Germanwings? Nos confrères du Lab d'Europe 1 s'interrogent encore quant au retrait d'une interview accordée par Nadine Morano à L'Est Républicain, publiée mardi à 18 heures avant d'être "dépubliée" du site internet. Ni le journaliste auteur de l'interview, ni le journal, ni l'interviewée n'ont voulu éclaircir cette décision.

Mais avant que l'article ne soit retiré du site, les réseaux sociaux ont eu le temps d'en véhiculer quelques copies et extraits.

En revanche, il est impossible de trouver trace de la publication originale ou des tweets produits par L'Est Républicain. Mais comme rien ne se perd sur le net, vous trouverez malgré tout une version de l'article en mémoire cache, ici.

Nadine Morano, exégète du "ni, ni"

Alors que disait Nadine Morano dans son interview? Disons qu'elle poussait assez loin la position du "ni, ni", la ligne officielle qui sera, comme l'a déjà dit Nicolas Sarkozy, la stratégie de l'UMP pour le second tour des élections départementales de ce dimanche 29 mars. Ainsi, nulle consigne de report des voix UMP ne se fera en cas de duel FN-PS, ni pour l'une, ni pour l'autre de ces deux formations politiques.

"C’est une position qui est la mienne, et celle adoptée par le bureau politique de l’UMP. Personne n’est propriétaire des électeurs et de leurs voix. Le vote est une affaire individuelle, chacun doit prendre ses responsabilités. Je combats à la fois la politique de déclin menée par la gauche et le programme économique du FN qui est affligeant, qui se rapproche de celui de l’extrême gauche", fait-elle valoir.

Le "signe de faiblesse" du PS

Mais l'explication de texte se corse à l'évocation par L'Est Républicain du maintien dans le Saintois du binôme UMP, au risque de faire élire un duo FN. "Pas de regrets?", lui demande le journal. "À partir du moment où le FN est autorisé par la République, en quoi serait-il antirépublicain?, rétorque Nadine Morano. Je critique son programme désastreux, mais je dis simplement: que le meilleur gagne, que les électeurs prennent leurs responsabilités. Je ne veux pas donner de consignes, ce serait infantiliser l’électorat."

Cette opinion sur la conformité républicaine du FN n'est pas nouvelle. Mais jusqu'où Nadine Morano est-elle prête à pousser la logique? L'Est Républicain l'interroge sur le retrait par le Parti socialiste de deux candidats à Lunévillois afin de limiter la probabilité que de voir le FN, en tête, l'emporter. Nadine Morano salue-t-elle ce geste? La députée européenne croit plutôt que ce retrait "traduit un état de faiblesse, et prouve que la politique de Valls et du gouvernement est totalement rejetée".

Morano défaitiste en Meurthe-et-Moselle?

Mais c'est peut-être l'avant-dernière question de l'interview qui pose le plus de problèmes. Le manque de dynamisme de la campagne de la droite en Meurthe-et-Moselle, dont elle est l'ancienne députée, est non seulement reconnu, mais Nadine Morano force encore le trait: "Nos chances de gagner sont très minces. On avait besoin d’une locomotive (…). Il va y avoir du travail pour nous réorganiser dans un département rose. On paie 30 ans de divisions." Pas sûr que ce manque d'enthousiasme ait été bien perçu quelques jours avant le second tout des départementales.

D.N.