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Fillon: "Faire des municipales un référendum contre l'assommoir fiscal"

François Fillon sur le plateau du journal télévisé de TF1, le 14 octobre 2013

François Fillon sur le plateau du journal télévisé de TF1, le 14 octobre 2013 - -

Invité lundi soir du journal télévisé de TF1, François Fillon a évoqué sa relation avec Nicolas Sarkozy, le vote FN à Brignoles et la politique du gouvernement.

Sa main tendue aux électeurs du Front national avait fait grand bruit... Au lendemain de la victoire du candidat frontiste à Brignoles, François Fillon est intervenu lundi soir sur TF1 pour expliquer les raisons qui poussent selon lui les Français à se tourner vers le parti de Marine Le Pen.

"Nous sommes dans une situation de ras-le-bol sans précédent. Les Français sont assommés d'impôts. Ils ont le sentiment que le chômage ne baissera jamais, l'insécurité est un vrai sujet, et c'est le moment que le garde des Sceaux choisit pour proposer des textes qui vont dans le sens d'une moins grande sévérité", a pointé François Fillon, estimant que la politique du gouvernement "provoque ce sentiment de rejet" et pousse les Français dans les bras du FN.

Vote sanction aux municipales

Entre l'ancien Premier ministre et l'actuel locataire de Matignon, la guerre est déclarée. Après avoir été directement mis en cause dans la défaite UMP à Brignoles par Jean-Marc Ayrault -qui craint une alliance UMP-FN-, François Fillon a fustigé un gouvernement sourd aux préoccupations des Français. "Ce gouvernement mène une politique fiscale qui est exactement l'inverse de ce qu'il faudrait faire puis renvoie la faute sur d'autre... C'est ce comportement-là qui pousse les Français vers les extrémismes", a-t-il dénoncé.

Et François Fillon d'appeller à un vote sanction lors des élections municipales de mars 2014. "Puisque le gouvernement ne veut rien entendre", la solution "c'est de faire des élections municipales un référendum contre l'assommoir fiscal", a-t-il martelé.

"Cela fait des mois que je tire le signal d'alarme, en disant que les impôts sont un noeud coulant qui est en train d'étrangler l'économie française et la classe moyenne. Personne ne veut entendre, le gouvernement ne bouge pas", a-t-il jugé. "C'est le signe d'une crise politique profonde", a-t-il ajouté.

Le FN, un "front du refus" mais "sans programme"

Puis François Fillon a défendu sa position de s'adresser aux électeurs du Front national. "Cela ne sert à rien d'utiliser des formules toutes faites, sert à rien" de ne pas parler à ces électeurs, a-t-il jugé. "Il faut leur proposer un vrai projet de redressement national", a-t-il poursuivi.
"Le FN n'est pas un parti, c'est le front du refus, le front des oubliés qui exprime un ras-le-bol sans le début d'un programme", a-t-il fustigé.

Et pour que les choses soient claires, François Fillon a tenu à mettre les points sur les i: "Tous les gens qui me connaissent savent que jamais je n'irai voter pour un candidat du FN", a-t-il assuré.

"Pas de guerre froide" avec Nicolas Sarkozy

Enfin, interrogé sur sa relation avec Nicolas Sarkozy, avec lequel il a pris énormément de distance ces derniers jours dans deux interviews publées coup sur coup, François Fillon a assuré qu' "avec Nicolas Sarkozy, ce n'est pas la guerre froide. J'ai fait mon travail de Premier ministre pendant 5 ans et je l'ai fait loyalement. Aujourd'hui, les Français ne veulent pas qu'on parle du passé. Nous devons être capable de proposer un nouveau projet politique", a-t-il insisté dans une nouvelle volonté d'apparaître comme l'homme fort du changement et de l'avenir à l'UMP en vue de la présidentielle de 2017.

Sandrine Cochard