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Estrosi veut surveiller les personnes qui "laissent à penser" qu'elles sont terroristes

Le député veut renforcer l'arsenal législatif contre le terrorisme.

Le député veut renforcer l'arsenal législatif contre le terrorisme. - Patrick Kovarik - AFP

Le député UMP, tête de liste de son parti en Paca pour les régionales, veut donner les moyens aux forces de l'ordre de lutter contre "des personnes présentant des caractéristiques laissant à penser qu'elles pourront se rendre coupable d'actes terroristes".

S'agit-il d'une conséquence de l’intervention de Christian Estrosi, dimanche sur France 3, où il a notamment évoqué des "cinquièmes colonnes" "islamo-fascistes? Les internautes se sont à nouveau penchés sur une proposition de loi de la tête de liste de l’UMP en Paca pour les régionales de décembre prochain. Le journaliste Olivier Tesquet s’indigne ainsi d’une phrase tirée d’une proposition déposée le 15 avril devant l’Assemblée nationale et "visant à neutraliser les individus en lien avec une activité terroriste".

Le député-maire UMP de Nice veut mettre en évidence ce qu’il estime être un "vide législatif": "Face à des personnes présentant des caractéristiques laissant à penser qu’elles pourraient se rendre coupables d’actes terroristes, mais pour lesquelles aucun commencement d’exécution ne peut être prouvé, la loi ne permet pas de protéger la population", une situation que l’élu déplore.

Un projet proche du Patriot Act américain

Pour y remédier, Christian Estrosi propose entre autres qu’en cas de "probabilité de récidive" à la fin d’une peine, "une rétention de sûreté" puisse être mise en place. Cette mesure, qui existe déjà depuis 2008, ne concerne pour l’instant que les individus ayant été condamnés à plus de 15 ans de prison.

Les policiers pourraient faire valider par des magistrats certaines actions, comme "l’interception de communications", "a posteriori", donc après avoir effectué lesdites écoutes. Le fait de consulter régulièrement des sites de propagande terroriste serait également sanctionné.

L’élu, qui fait face à Marion Maréchal-Le Pen dans la bataille des régionales en région Paca, ne cache pas l’inspiration de son projet de loi, et vante les vertus du Patriot Act américain, une loi postérieure aux attentats du 11 septembre 2001, et aujourd’hui fortement critiquée outre-Atlantique.

Sur Twitter, des internautes s’indignent de cette proposition de loi de Christian Estrosi. Certains font un parallèle avec le film Minority Report, où un Etat totalitaire arrête les criminels avant même qu’ils ne commettent des actes répréhensibles.

D’autres se demandent s’ils finiront "sous les verrous", puisqu’ils s’informent eux-mêmes régulièrement sur Daesh, en consultant des pages sur Internet. 

Un eurodéputé FN demande "des droits d'auteur"

Christian Estrosi réussit également à lever la classe politique contre lui. Après son interview sur France 3, le président du Sénat, Gérard Larcher (UMP), s’était dit "choqué" par certains termes utilisés par le député de son parti.

Le député PS Jean-Christophe Cambadélis a pour sa part dénoncé un axe "néofrontiste Sarkozy-Ciotti-Estrosi". Une comparaison avec le Front national faite aussi par Aymeric Chauprade, ancien conseiller diplomatique de Marine Le Pen, marginalisé après avoir tenu des propos similaires. Aujourd’hui, il demande des "droits d’auteur" à l’élu UMP.