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Comptes de campagne de Sarkozy: qui va payer la facture?

Le Conseil constitutionnel a confirmé jeudi le rejet du compte de la campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy.

Le Conseil constitutionnel a confirmé jeudi le rejet du compte de la campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy. - -

Le Conseil constitutionnel a confirmé jeudi le rejet du compte de la campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy, une décision qui prive l'ex-candidat UMP du remboursement par l'État de quelque dix millions d'euros de frais de campagne. Et met l'UMP dans l'embarras.

Mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy et pour l'UMP: le Conseil constitutionnel vient de confirmer ce jeudi l'invalidation du compte de campagne du candidat UMP à la présidentielle 2012, indiquant que le montant des dépenses électorales dépassait le plafond autorisé.

Dans un communiqué des plus laconiques, Jean-François Copé a, dans un premier temps, indiqué prendre "acte de la décision du Conseil constitutionnel" avant d'annoncer le lancement d'une "grande souscription nationale" afin de renflouer les comptes de l'UMP.

Enfin, il a indiqué qu'il réunirait "la semaine prochaine le Bureau Politique statutaire de l'UMP afin d'examiner toutes les conséquences de cette décision". Quelles sont-elles? Et surtout, qui va payer l'addition?

> Qu'implique la décision du Conseil constitutionnel?

Nicolas Sarkozy avait introduit un recours, qui avait été plaidé par son avocat Me Philippe Blanchetier le 18 juin, contre la décision de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. La décision de la juridiction suprême implique que ses dépenses électorales ne sont pas "remboursées forfaitairement".

Nicolas Sarkozy est donc privé du remboursement par l'Etat de dix millions d'euros de frais de campagne. Cette somme équivaut à 47,5% des dépenses engagées (23 millions d'euros).

En outre, l'ex-candidat UMP devra "restituer au Trésor public l'avance forfaitaire qui lui a été versée", soit 150.000 euros. Enfin, il devra verser au Trésor public "le montant arrêté à 363.615 euros par la commission" des comptes de campagne correspondant au "dépassement du plafond" des dépenses.

> Qui va devoir payer?

"Il est d'usage dans une campagne, que ce soit le parti qui engage les dépenses" explique pour BFMTV.com le politologue Thomas Guénolé. Sur les deux tours, 20 millions d'euros sont dépensés, c'est une somme impossible à emprunter pour un candidat à titre individuel. "Seule Liliane Bettencourt pourrait se présenter" ironise Thomas Guénolé.

C'est la raison pour laquelle Jean-François Copé, président de l'UMP, a annoncé "les miliants, les sympathisants" et l'ensemble des Français à la générosité via "une grande souscription nationale" pour renflouer les caisses du parti.

François Fillon avait, pour sa part, estimé que "sa famille politique" devait "assumer de manière solidaire les conséquences financières" de l'invalidation des comptes de campagne.

> Où en sont les finances de l'UMP?

Le parti a payé cher ses échecs électoraux qui ont fait fondre son budget de 20 millions d'euros. Défait aux législatives de juin 2012, le parti a vu sa dotation baisser de 35 à 21 millions d'euros. Une somme allouée au prorata du nombre d'élus. De plus, un emprunt de 55 millions d'euros a été contracté en juillet pour subvenir au fonctionnement de l'UMP.

Le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy est donc une mauvaise nouvelle. "Avec la prune de 11 millions d'euros, la dette de l'UMP équivaut à la moitié de son bénéfice annuel", souligne Thomas Guénolé qui ajoute: "l'UMP est en faillite et a besoin d'un plan d'austérité comme la Grèce".

D'autant que l’UMP n’a pas de trésor de guerre. Le mouvement s’est endetté à hauteur de 32,5 millions d’euros sur près de 14 ans pour rembourser l’emprunt immobilier lié à l’achat de son nouveau siège parisien, explique Le Monde.

Quant au nombre d’adhérents, après avoir atteint un pic en 2007, il connait un léger frémissement, mais le niveau des cotisations reste insuffisant.

Magali Rangin