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Apparu: "je n'attends pas d'un président de la République qu'il me fasse rêver"

Le porte-parole du maire de Bordeaux ajoute cependant que le principe d'identité heureuse, cher à Alain Juppé, doit se traduire par "une campagne heureuse, un objectif positif et arrêter de considérer que tout va mal".

Interrogé sur la froideur supposée prêtée à Alain Juppé, le député Les Républicains de la Marne Benoist Apparu a estimé qu'il "ne demande pas à un président de la République de me faire rêver". "Je lui demande de bosser, de faire les réformes nécessaires et de fixer un cap sur le long terme", a affirmé le porte-parole d'Alain Juppé. Pour lui, un bon chef d'Etat doit "préparer le pays pour les 20 ou 30 ans à venir et arrêter d'avoir le regard sur le lendemain matin".

Soutien de longue date du maire de Bordeaux dans la course à la primaire de la droite et du centre, il ajoute cependant que le principe d'identité heureuse, cher à Alain Juppé, doit se traduire par "une campagne heureuse, un objectif positif et arrêter de considérer que tout va mal".

Réfutant l'idée que Alain Juppé voudrait revenir au septennat en cas d'élection, Benoist Apparu martèle que "l'âge d'Alain Juppé est un atout: il pourra s'occuper non pas de son propre avenir, mais de celui de la France", contrairement à ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande. L'actuel chef de l'Etat "ne fait pas grand chose (...) il a les yeux rivés sur son prochain mandat", estime-t-il.

"Je ne crois pas que nous ayons un ADN de droite ou de gauche"

Sur la question d'un vote possible d'électeurs de gauche à la primaire des 20 et 27 novembre, Benoist Apparu n'y est pas opposé. "Je ne crois pas que nous ayons un ADN de droite ou de gauche, a-t-il assuré. Que j'étais à droite toute ma vie ou à gauche toute ma vie. J'ai le droit de changer de position", a estimé le député LR de la Marne. Selon lui, "un Français qui est déçu par François Hollande (…) et se retrouve dans le projet de Bruno Le Maire, de François Fillon, d'Alain Juppé ou même de Nicolas Sarkozy, a le droit de venir voter à la primaire". "Les sondages nous montrent qu'il y aura 9 à 10 % d'électeurs de gauche dans la primaire de droite", assure le député LR en se demandant pourquoi les potentiels électeurs du FN ne sont pas comptabilisés.

Quant à Nicolas Sarkozy qui craint cet afflux, Benoist Apparu rappelle qu'"en 2007 l'ex-chef de l'Etat avait pris dans son gouvernement des ministres d'ouverture", notamment Bernard Kouchner aux Affaires étrangères. 

Selon un sondage YouGov, Alain Juppé reste le favori de la présidentielle de 2017. Avec 31% de réponses positives, il progresse de 10 points en un mois dans ce baromètre ou plusieurs réponses sont possibles, loin devant Nicolas Sarkozy, qui en perd 2 à 18%. L'ex-chef de l'Etat reste cependant en tête auprès des proches des Républicains, avec 60% d'opinions favorables contre 49% à Alain Juppé. Le maire de Bordeaux devance Jean-Luc Mélenchon (24%, +4), Marine Le Pen (24%, =), Emmanuel Macron (22%, +3) et François Bayrou (18%, -2).

S.A.