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Electeurs de gauche à la primaire à droite: ce qu'en disent les candidats Républicains

Les 7 candidats à la primaire de la droite.

Les 7 candidats à la primaire de la droite. - BFMTV

La primaire de la droite, qui désignera officiellement le candidat Les Républicains à la présidentielle 2017, aura lieu les 20 et 27 novembre. Pour faire barrage à l'ancien président Nicolas Sarkozy, certains électeurs de gauche envisage d'aller voter à cette primaire. Une position applaudie ou dénigrée par les candidats.

C’est la question épineuse du moment. Va-t-on assister à un afflux des électeurs de gauche à la primaire de la droite, pour faire barrage au candidat et à l’ancien président Nicolas Sarkozy?

D'après trois sondages parus en septembre (BVA, Ifop et Ipsos), les électeurs de gauche pourraient représenter entre 10% et 16% des participants à la primaire à la droite. Soit de 260.000 à 560.000 selon les estimations, sur les 2,6 à 3,5 millions d’électeurs attendus à droite.

Qu’en disent les principaux intéressés?

François Fillon a été le dernier à livrer sa ligne. Ce mercredi matin, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy à invité tous les électeurs à s’exprimer lors de la primaire de la droite, autrement dit y compris les électeurs de gauche.

"Si on est gaulliste, on considère qu’il y a un peuple français (...) On n’a pas des hommes et des femmes qui sont génétiquement à gauche et génétiquement à droite (...) Que tous viennent" voter les 20 et 27 novembre. Pour appuyer son propos, il ajoute: "Si c'était pour faire une élection interne au parti, il n'y avait pas besoin de toute cette organisation".

Un avis que ne partage pas Nicolas Sarkozy. L’ancien chef de l’Etat, ne cache pas son hostilité à l'idée que de nombreux électeurs de gauche participent dans les urnes à la primaire à droite. Le candidat ne parvient pas à combler son retard sur son adversaire Alain Juppé, selon les sondages, et des voix de gauche, aussi peu nombreuses soient-elles, n'iraient pas en sa faveur.

Pas candidat à la primaire de la gauche

Lors d’un meeting en Alsace ce lundi, Nicolas Sarkozy est passé à l’offensive envers ceux qui appellent les électeurs de gauche à voter:

"Je ne suis pas candidat à la primaire de la droite, du centre et de la gauche", a tenu à préciser Nicolas Sarkozy.

"On m’a dit 'il faut une primaire loyale'. Où est la loyauté quand on appelle des électeurs de gauche à voter, à signer, parjures, un papier dans lequel ils s’engageraient à partager les valeurs de la droite?”, a-t-il continué, visant ici sans le dire son principal adversaire, Alain Juppé.

Rassembler les déçus du hollandisme

Alain Juppé, lui, semble se réjouir de la tournure des événements. Dès le 11 septembre, le candidat avait annoncé vouloir ratisser large. Se définissant comme un "homme de droite mais ouvert", le maire de Bordeaux souhaite prendre dans ses filets les "déçus du hollandisme."

"S’il y a des déçus du hollandisme -et en ce moment ils sont de plus en plus nombreux-, eh bien qu’ils viennent. Si il y a des électeurs du Front national qui se rendent compte que le programme de ce parti nous amène directement dans le mur, eh bien qu’ils viennent… Voilà mon état d’esprit".

Très tôt, l’ancien président de l’UMP a tenté de se placer au mieux vis-à-vis des électeurs de gauche. Une juppémania qui avait débuté en novembre 2014, quand celui-ci avait fait la une du journal Les Inrocks en se prononçant en faveur du mariage homosexuel.

Pas de tri sélectif chez NKM

Dans le sillage de Juppé et Fillon, et contre Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet. "Des sarkozystes disent qu'ils soupçonnent Alain Juppé de vouloir faire voter des électeurs de gauche. Moi, je soupçonne certains sarkozystes de vouloir faire voter des électeurs du FN à ce prix-là! Ne trions pas".

A noter que la candidate pouvait difficilement adopter une autre position: NKM est soupçonnée d’avoir démarché des élus de gauche pour obtenir des parrainages afin de se présenter à la primaire.

Quant aux autres candidats, Jean-François Copé, Bruno Le Maire et Jean-Frédéric Poisson, ils sont restés plus discret sur le sujet. Seul Bruno Le Maire a rappelé sur son compte Twitter que la primaire de la droite était "ouverte à tous".

La question est sur toutes les bouches, au-delà des frontières des Républicains. Si le Premier ministre, Manuels Valls, a tenu à rappeler que les électeurs de gauche étaient "libres", le clan Hollande commencerait à s'inquiéter.

Des inquiétudes du côté du clan Hollande

Et pour cause, le président sortant François Hollande a davantage de chance de s'imposer à un deuxième tour face à Nicolas Sarkozy qu'à Alain Juppé. Certains fidèles montent alors au créneau et appellent leurs électeurs à ne pas aller voter à la primaire de la droite. C'est le cas de la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem:

"A un électeur de gauche qui s'interrogerait, je lui répondrais de ne surtout pas y aller, ce serait totalement malsain que de s'occuper d'une primaire Les Républicains basée sur les valeurs de la droite" a-t-elle claironné dimanche dernier sur France 2.

Même son de cloche chez Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le parlement. Pour lui, la participation d'électeurs de gauche à la primaire de la droite serait "une vision dévoyée de la démocratie". 

Quant à la candidate frontiste, Marine Le Pen, elle estime elle que cette primaire "n'est pas l'affaire" des électeurs du Front National. 
Marine Henriot