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Alain Juppé: "Je pense que Jérôme Cahuzac a pris la bonne décision"

Le maire UMP de Bordeaux Alaine Juppé sur BFMTV, le 20 mars 2013

Le maire UMP de Bordeaux Alaine Juppé sur BFMTV, le 20 mars 2013 - -

Sans vouloir juger l'affaire, le maire de Bordeaux a salué la démission de Jérôme Cahuzac, mercredi sur BFMTV.

La démission de Jérôme Cahuzac occupe le devant de l'actualité politique depuis mardi soir. "Je pense qu'il a pris la bonne décision", a réagi Alain Juppé, mercredi matin sur BFMTV.

"Il s'agit de la démission d'un homme en son âme et conscience", a-t-il souligné, tout en rappelant que la présomption d'innoncence prévalait. Lui-même obligé de mettre entre parenthèses sa carrière politique après sa condamnation en 2004, Alain Juppé a assuré avoir "tiré les leçons" de cette expérience.

La démission de Cahuzac "fragilise le gouvernement"

"Il y a toutefois une lecture politique à faire de cette démission, c'est qu'elle fragilise énormément le gouvernement, a poursuivi le maire UMP de Bordeaux. Depuis des mois, on nous explique que Jérôme Cahuzac est une pièce-maîtresse du gouvernement. Or, la France affronte actuellement des difficultés économiques et la crise européenne est peut-être en train de renaître."

Pour clore ce sujet, Alain Juppé a déploré un système "où les procès-verbaux sont publiés dans la presse".

"La France n'a jamais versé de rançon" aux preneurs d'otages

Puis, en tant qu'ancien ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé s'est exprimé sur l'annonce par Aqmi de l'exécution d'un otage français. "Je voudrais d'abord penser à la famille et partager son angoisse", a-t-il déclaré, rappelant que l'information n'était pas encore vérifiée.

"Contrairement à ce qui a été dit, il n'y a pas eu de changement de la doctrine française: la France a toujours dit qu'elle ne payerait pas de rançon", a-t-il affirmé. "Lorsque j'étais en charge, au ministère des Affaires étrangères, nous n'avons jamais payé de rançon", a-t-il insisté.

"L'intervention française au Mali était risquée, je l'ai soutenue. Le risque était la prise de Bamako par les islamistes, avec une possible destabilisation de toute une région, a souligné Alain Juppé. Mais si le maire de Bordeaux a refusé de revenir sur son soutien à l'intervention française, il a toutefois objecté un manque de transparence du gouvernement. "Plusieurs questions se posent: quel est le pouvoir légitime à Bamako? A quel rythme la force africaine va-t-elle se susbtituer aux forces fraçaises? Et enfin, quelle transition politique au Mali? Nous manquons d'informations et d'explications sur ces trois points", a-t-il déploré.

Hollande "a pris une série de mauvaises décisions"

Alain Juppé s'est ensuite exprimé sur la motion de censure, défendue par l'UMP mercredi à l'Assemblée. "Oui, je l'aurais votée. On nous dit qu'elle n'a aucune chance de passer, ce n'est pas une raison de se taire."

"La succession des décisions annoncées depuis quelques mois est la cause de l'arrêt de la croissance, on a tétanisé les investisseurs, a-t-il fustigé, accusant François Hollande d'avoir pris les mauvaises décisions. Ce matraquage fiscal sans précédent explique là où nous en sommes aujourd'hui."

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Sandrine Cochard