BFMTV

Affaire Bygmalion: éparpillée façon puzzle, comment l'UMP sera dirigée?

Trois anciens premiers ministres dirigeront l'UMP de façon collégiale jusqu'à octobre: François Fillon, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé

Trois anciens premiers ministres dirigeront l'UMP de façon collégiale jusqu'à octobre: François Fillon, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé - -

De juin à octobre, l'UMP va être dirigée par ses trois "sages", Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon. Les anciens premiers ministres auront notamment pour tâche de préparer l'avenir du parti, en pleine crise existentielle.

Eparpillée façon puzzle, comment reconstruire l'UMP? Et surtout, à qui incombera cette tâche? Mis en cause dans l'affaire Bygmalion, Jean-François Copé a dû quitter la présidence du parti, laissant derrière lui une crise sans précédent au sein de l'UMP. Qui va reprendre le flambeau, et pour combien de temps?

> Jusqu'à octobre, un trio prend la tête

Jean-François Copé parti, c'est donc un trio d'anciens Premiers ministres qui va diriger l'UMP de façon collégiale. Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon vont se partager la tâche jusqu'à octobre, date du congrès où un nouveau président sera élu.

Et leur travail ne sera pas facile. Ils devront commencer par gérer les urgences internes du parti: en plus de Jean-François Copé, son directeur de cabinet, Jérôme Lavrilleux, s'en va également. Et il faudra également remplacer le directeur général des services, Eric Cesari, qui s'en va lui aussi, rapporte le JDD.

Les trois sages auront aussi pour tâche de gérer l'implication du parti dans l'affaire Bygmalion, face à la police et à la justice. Avant de préparer le congrès d'octobre, censé relancer le parti en vue des prochaines échéances.

> Après octobre, qui sera le patron?

Dans le parti, deux visions s'affrontent désormais sur le rôle du prochain chef: ou bien choisir un nouveau champion, capable à la fois de gérer le parti et de mener la bataille des présidentielles de 2017, ou dissocier les deux tâches, et trouver un simple gestionnaire. Pour Alain Juppé, les choses sont claires: "la meilleure façon de clarifier ce qui se passera dans la suite serait que ce candidat à la présidence s'engage à ne pas être candidat aux primaires pour diriger l'UMP".

Mais Gérard Longuet, sénateur UMP de la Meuse et ancien ministre, désapprouve: "la vie politique française est tellement écrasée par le fait présidentiel qu’un parti qui n’a pas de présidentiable, c’est un parti dont le président n’est pas écouté", regrette-t-il. Une fois encore, ce sera aux trois leaders de trancher sur la question.

> Les quadras qui compteront

En attendant, certains pourraient bien en profiter pour prendre la place qu'ils attendent depuis longtemps. Lors du bureau politique avec Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est adressée frontalement au futur ex-président du parti, affirmant ne pas croire à sa version de l'affaire Bygmalion. Mais déjà soucieuse de rassembler, elle prend garde de défendre son parti, et évoque volontiers les changements à opérer au sein de l'UMP – notamment sur la ligne politique.

Bruno Le Maire, mais aussi Xavier Bertrand ou Laurent Wauquiez voient également dans cet épisode une occasion de tourner la page Copé, et de s'imposer dans l'optique de la présidentielle de 2017. Si Nicolas Sarkozy tente malgré tout de revenir, la bataille s'apprête à être rude.

Ariane Kujawski