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Les cotes d'Emmanuel Macron et de Jean Castex à la hausse dans les sondages

Le président Macron s'exprime lors d'une visioconférence sur la cybersécurité, le 18 février 2021 depuis l'Elysée

Le président Macron s'exprime lors d'une visioconférence sur la cybersécurité, le 18 février 2021 depuis l'Elysée - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Deux enquêtes parues en cette fin de semaine indiquent la bonne santé relative de l'exécutif dans l'opinion. Ce vendredi matin, sur notre plateau, notre éditorialiste politique Matthieu a voulu expliquer cette tendance.

Le président de la République Emmanuel Macron et son premier ministre Jean Castex ont vu leurs cotes de popularité nettement augmenter au mois de février par rapport au mois de janvier, selon un sondage BVA publié vendredi, tandis que le dernier baromètre de l'IFOP pour Paris Match place lui aussi le président de la République en bonne posture.

Macron brasse large

Les Français interrogés par BVA - à travers une enquête réalisée ces mercredi et jeudi auprès d'un échantillon représentatif de 1003 personnes par internet - sont 42% à déclarer avoir une bonne opinion d'Emmanuel Macron. Il s'agit d'un résultat en hausse de cinq points par rapport au mois précédent et qui rejoint les niveaux d'octobre et novembre, selon cette étude réalisée pour Orange et RTL.

Les opinions favorables progressent bien au-delà des sympathisants de son propre camp (96%; +5 points), à gauche (LFI: +10 points; EELV: +10 points) comme à droite (LR: +7 points) à l'exception des sympathisants du RN (17%, stable).

Castex plaît à droite

Jean Castex est désormais crédité de 42% de bonnes opinions également, en hausse de 6 points par rapport au mois dernier. Ce résultat met un point d'arrêt à la baisse continue de sa popularité depuis sa nomination (de 56% en juillet jusqu'à 36% en janvier) et il n'est plus distancé par le chef de l'Etat. Sa popularité est en hausse quelle que soit la sensibilité politique des Français, avec néanmoins une dynamique positive plus marquée chez les sympathisants Les Républicains (43%; +12 points) et RN (34%; +11 points).

"Le couple exécutif bénéficie directement et nettement de ses choix concernant la crise sanitaire", avance l'institut qui ajoute que "la dynamique est encore plus nette pour son Premier ministre qui, rappelons-le, avait porté l'annonce du non-reconfinement". Près des 2/3 des Français (63%) ont déclaré approuver cette décision de ne pas reconfiner, même localement, selon l'Institut. Incarnée par cette décision, la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement retrouve du crédit (39%; +9 points).

Le retour du "roi thaumaturge"

Le nouveau baromètre IFOP pour Paris Match publié cette semaine expose une tendance similaire: 50% des Français disent nourrir une bonne opinion d'Emmanuel Macron. Une situation inédite pour Emmanuel Macron depuis 2018. Notre éditorialiste politique, Matthieu Croissandeau, a voulu expliquer sur BFMTV le phénomène ce vendredi matin sur notre plateau, pratiquant d'abord un crochet historique:

"On aime bien se raconter des histoires en France. On aime bien croire aux miracles. Il ne faut jamais oublier qu’on a été une vieille monarchie où on prêtait à nos souverains des pouvoirs – on appelait ça les rois thaumaturges – ils touchaient les écrouelles et les guérissaient, en disant : ‘Le roi te touche, Dieu te guérit’. On en est là à se dire : ‘Imaginez que le chef de l’Etat aurait tordu le cou à cette hydre du Covid et terrassé tout seul l’épidémie’."

Paradoxe

Notre journaliste a bientôt contré : "On est très loin du miracle, mais il faut reconnaître que pour le moment tout va bien autour de sa décision de ne pas reconfiner d’abord parce que ça n’a pas explosé, et même si elle explosait d’ici une ou deux semaines, l’exécutif veut croire que les Français le créditeraient quand même d’avoir tenté jusqu’au bout d’éviter ce confinement". Enfin, l'absence de controverse politique sur ce sujet achève de tranquilliser l'exécutif.

Toutefois, ce tableau menace en creux de s'assombrir pour Emmanuel Macron. "Il y a un paradoxe Covid pour le chef de l’Etat. Tant que l’épidémie est là, on a l’impression que ça fige le paysage politique, que rien n’émerge, mais en même temps il sera le visage du Covid, il n’est pas exclu que ça pèse. On peut imaginer que les Français aient envie de changer de visage et de tourner la page", a ainsi posé Matthieu Croissandeau.

R.V. avec AFP