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Le périple de Macron sur les traces de la Grande Guerre débute à Strasbourg

De Verdun à la Somme, le Président s'apprête à sillonner onze départements pour se rendre sur les champs de bataille de la Première guerre mondiale. Son périple se terminera le 11 novembre, sous l'Arc de Triomphe.

Le marathon commémoratif de la Grande guerre est lancé. Emmanuel Macron entame ce dimanche son itinérance: en l'espace d'une semaine, il se rendra sur une quinzaine de sites, une savante combinaison de lieux emblématiques comme Verdun, et de zones méconnues à l'instar d'Eparges dans la Meuse, jamais honorées par un président de la République depuis la fin de la guerre de 14-18.

Le coup d'envoi est donné ce dimanche à Strasbourg, ville symbole de la réconciliation franco-allemande, où le chef de l'Etat retrouve son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier. Ils assisteront dans la soirée à un concert d'oeuvres de Debussy et Beethoven dans la cathédrale Notre-Dame. Lundi il ira sur les lieux de la terrible bataille de Morhange, en Moselle. Mardi il sera à Eparges pour se recueillir devant la statue de Maurice Genevoix, pour lequel l'Elysée dit avoir engagé une "réflexion" au sujet d'une possible future "panthéonisation".

Paix et réconciliation

Mercredi, le chef de l'Etat sera accompagné par son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta à Reims pour honorer "l'Armée noire" des tirailleurs africains. Vendredi, il sera au côté de la Première ministre britannique Theresa May sur un site de la bataille de la Somme. Avant le retour à Paris, le périple se terminera samedi par une cérémonie très symbolique avec la chancelière allemande Angela Merkel dans la clairière de Rethondes, à Compiègne (Oise), où a été signé l'armistice.

"On sera dans les pas de Helmut Kohl et François Mitterrand en 1984 à Verdun", souligne l'Elysée.

L'absence, décriée par certains, de parade militaire est parfaitement assumée par l'Elysée qui a préféré mettre l'accent sur la paix et la réconciliation franco-allemande. La paix sera aussi le fil rouge de la journée du 11 novembre, avec la traditionnelle cérémonie à l'Arc de Triomphe. Emmanuel Macron y prendra la parole avant de laisser Angela Merkel prononcer le discours d'ouverture du Forum de la Paix qui se tiendra dans l'après-midi à La Villette.

Triple enjeux

Ce voyage a une triple dimension. Mémorielle d'abord puisqu'il s'agit d'honorer la mémoire des quelque huit millions de Français qui ont combattu de 1914 à 1918, pour 1,4 million de morts, dix ans après la disparition du dernier Poilu, Lazare Ponticelli.

Diplomatique ensuite, alors que le président de la République sera accompagné sur plusieurs étapes par des chefs d'Etat ou de gouvernement étrangers, avant même le bouquet final de dimanche à Paris où on attend notamment les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine.

L'"itinérance" a, enfin, une forte connotation politique et sociale à un moment où le président est au plus bas dans les sondages et que la grogne des Français monte sur la question du pouvoir d'achat.

Renouer avec les Français 

"Chaque étape sera l'occasion d'aborder les préoccupations actuelles des territoires visités, qui tentent de rebondir après avoir été frappés par la désindustrialisation et les bouleversements agricoles", souligne l'Elysée.

Le chef de l'Etat visitera des usines, dont celle de Renault à Maubeuge, dans le nord, non loin de l'aciérie d'Ascoval, menacée de fermeture. Il se rendra également dans un EPHAD pour débattre des services de santé en milieu rural et consacrera une matinée à Lens au plan de lutte contre la pauvreté. A chaque étape, il rencontrera des élus locaux avec lesquels l'exécutif tente de renouer après des mois de tension.

A.L. avec AFP