BFMTV

Le Parti socialiste prépare son grand règlement de compte

Jean-Christophe Cambadélis.

Jean-Christophe Cambadélis. - PHILIPPE LOPEZ / AFP

Dans une circulaire interne, le PS annonce la publication prochaine d'une liste de membres considérés comme démissionnaires pour avoir soutenu d'autres candidats que ceux investis par le parti aux législatives.

Restera-t-il quelqu'un pour éteindre la lumière? Après le naufrage de la présidentielle, Solférino risque d'essuyer l''une des pires défaites électorales de son histoire aux élections législatives. Entre La République en marche et la France insoumise, le Parti socialiste est écartelé, si bien que ses dirigeants, et à sa tête le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, brandissent dans une circulaire interne dévoilée par Le Lab des menaces encore inédites.

Sanctions étendues

"Les socialistes qui sont candidats aux élections législatives (titulaires ou suppléants) au titre de 'La République en marche' ou d’un autre parti que le Parti socialiste, se sont mis eux-mêmes en dehors du Parti socialiste et sont réputés démissionnaires", explique d'emblée le texte, sans surprise.

Mais la suite est, elle, jamais vue: "Si cette disposition prise par le Bureau national est statutaire, pour être juridiquement incontestable, elle sera assortie prochainement d’une liste nominative des camarades en question. Ces dispositions s’appliqueront également à tous les socialistes qui feront campagne pour un autre candidat que le candidat désigné ou soutenu par le Parti socialiste."

Autrement dit, ceux qui font campagne pour un autre candidat que celui investi par le Parti socialiste seraient, en théorie, considérés comme démissionnaires par simple publication de leurs noms, sans même passer devant la "commission des conflits".

Application stricte ou cas par cas ?

Suivant cette circulaire à la lettre, de très nombreux socialistes seraient "démissionnés". À commencer par l'ancien candidat socialiste à l'élection présidentielle, Benoît Hamon, qui soutient Caroline De Haas contre Myriam El Khomri (investie par le Parti socialiste mais "avec Emmanuel Macron") dans le 18ème arrondissement de Paris. Et que faire, dans ce cas, des partisans de Manuel Valls, visé par une procédure d'exclusion du Parti socialiste et candidat sans étiquette dans l'Essonne, ou des soutiens d'Anne Hidalgo, maire de Paris également opposée à la candidature de Myriam El Khomri ?

La circulaire n'est adressée qu'aux premiers secrétaires fédéraux, membres du Conseil national et parlementaires socialistes, mais rien n'indique que les militants ne soient pas également concernés par ces sanctions. Reste à savoir si cette circulaire sera strictement appliquée, ce qui paraît difficile à mettre en œuvre. Le poing et la rose risque de perdre "un tiers de ses membres" en cas d'application stricte, assure le Premier secrétaire fédéral du Val-de-Marne Jonathan Kienzlen.

Jean-Christophe Cambadélis a beau assurer que "les Français ne veulent pas du parti unique" La République en marche, le Parti socialiste semble en mauvaise posture pour proposer une alternative.
Louis Nadau