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Le FN envisage de lancer une étude de marché sur le changement de nom du parti

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Photo d'illustration - LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le Front national envisage de lancer une véritable "étude de marché" électorale.

Depuis Gérard Colé et Claude Pilhan, la méthode est devenue un classique: désireux de sonder le cœur et les reins des électeurs, notamment sur l'épineuse question d'un changement de nom éventuel du parti d'extrême droite, le Front national envisage, révèle Le Parisien, de réunir des panels de citoyens pour une véritable "étude de marché" électorale.

"L'idée, explique au quotidien le conseiller de Marine Le Pen Philippe Olivier, c'est de rassembler à chaque fois une vingtaine de personnes dans une salle durant trois ou quatre heures pour connaître au mieux leurs attentes et leur perception du parti."

"On sait pourquoi nos 11 millions d'électeurs ont voté pour nous, ce qu'on veut savoir c'est pourquoi les autres ne l'ont pas fait. On sait que l'euro, par exemple, a été un facteur déterminant", résume le secrétaire national aux fédérations du FN Jean-Lin Lacapelle, joint par BFMTV.com. Secoué par les défaites électorales de 2017, l'état-major du Front national se projette déjà dans la prochaine élection présidentielle, avec pour objectif de crever le fameux "plafond de verre" auquel il s'est jusqu'alors heurté. 

Rénovation

Ces "études qualitatives", importées du marketing et pour lesquelles le parti a déjà émis plusieurs appels d'offre, s'inscrivent selon Jean-Lin Lacapelle dans le cadre de la "rénovation" du FN prévue pour 2018.

"Ce projet correspond à la volonté de revoir de fond en comble le fonctionnement du parti dans la foulée du second tour de l'élection présidentielle", explique le lieutenant de Marine Le Pen. "Ça donne l'image d'un mouvement qui se remet en question", assure-t-il.

Exemples des questions qui pourraient être posées aux électeurs: "Vous sentez-vous gêné quand vous dites dans votre famille que vous votez FN?", ou "Le nouveau nom doit-il être ludique, sympa ou sérieux?"

D'après RTL, 80% des adhérents ayant répondu à l'équivalent frontiste du "questionnaire de la refondation" des Républicains sont toutefois opposés à l'idée d'abandonner le nom "Front national". "Fake news. Emmanuel Macron va devoir sévir", ironise Jean-Lin Lacapelle.
Louis Nadau