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Collomb défié à Lyon par l'un de ses proches 

Gérard Collomb à Lyon.

Gérard Collomb à Lyon. - JEFF PACHOUD / AFP

Président de la Métropole de Lyon en l'absence de Gérard Collomb, David Kimelfeld compte se présenter en 2020 pour conserver ce mandat.

L'histoire a tendance à se répéter. À l'instar de la rivalité née à Marseille entre Jean-Claude Gaudin et son ex-dauphin Renaud Muselier, Gérard Collomb s'apprête à affronter, dans son fief, un ancien fidèle. Président du Grand Lyon depuis 2017, David Kimelfeld a annoncé mardi qu'il serait candidat en 2020 au renouvellement de son mandat. Un poste que convoite l'ex-ministre de l'Intérieur, redevenu maire de la capitale des Gaules à l'automne 2018, à la suite de son tonitruant départ de la place Beauvau

"Je vais rester président de cette métropole jusqu'à la fin et je vais surtout porter un projet pour cette métropole au-delà de 2020. J'en ai envie, j'ai pris en main cette métropole et je ne le ferai non pas seul mais collectivement", a déclaré celui qui est par ailleurs maire du 4e arrondissement de la ville, lors d'une interview accordée au "Talk" du Figaro

Fin du pacte

À l'origine, le pacte était clair: en l'absence de Gérard Collomb, choisi en mai 2017 par Emmanuel Macron pour devenir "premier flic de France", David Kimelfeld a repris la métropole, tandis que Georges Képénékian - un autre proche - s'est vu confier le siège de maire de Lyon. Après avoir raccourci son bail à Beauvau, l'ancien socialiste a récupéré son mandat d'édile, mais pas celui de président de métropole. 

"Je ne suis pas un intermittent ou un intérimaire", avait pourtant prévenu David Kimelfeld dès octobre, dans les colonnes du Figaro. "La métropole doit être composée d'une majorité la plus large possible, qui va du centre-droit jusqu'aux écologistes", insiste-t-il aujourd'hui. Évoquant la "volonté du grand rassemblement", il cite aussi les "socialistes" et "bien sûr Gérard Collomb", mais sans mentionner La République en marche, parti auquel il est censé appartenir. De quoi agiter le spectre d'une candidature dissidente, issue des mêmes rangs politiques. 

Non-cumul

En quittant avec fracas le gouvernement pour retrouver ses terres lyonnaises, Gérard Collomb avait indiqué vouloir être candidat à la fois à la mairie et à la métropole, où sont concentrés l'essentiel des pouvoirs. Sachant qu'il lui faudrait à un moment ou un autre choisir entre les deux postes, en vertu du non-cumul des mandats.

À ce sujet, David Kimelfeld se contente de dire que ses relations avec Gérard Collomb sont celles "d'un président de la métropole avec un maire de Lyon, une ville qui compte dans cette métropole". Il loue en revanche ses "bonnes" relations avec Laurent Wauquiez, président des Républicains et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, malgré leurs "divergences" politiques.

Fibre sociale et écolo

Peu connu du grand public, David Kimelfeld, 57 ans, jouit de l'image d'un homme de dossiers, porteur d'une fibre plus sociale et écologique que Gérard Collomb à la tête de la métropole.

Ce fils d'une employée de banque et d'un représentant de commerce a commencé dans la première métropole de France comme vice-président du Grand Lyon chargé du développement économique en 2008, avant d'en devenir numéro 2 et donc bras droit de Collomb en 2014.

Jules Pecnard avec AFP