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Castaner seul candidat à la direction de LaREM

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, le 22 septembre 2017 à Paris.

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, le 22 septembre 2017 à Paris. - Philippe Lopez - AFP

S'il devrait quitter son poste de porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner restera en revanche au gouvernement. Ce qui lui attire des critiques, y compris dans son propre camp.

C'est désormais certain: Christophe Castaner sera le seul candidat au poste de délégué général de La République En Marche. Les éventuels concurrents avaient jusqu'à jeudi soir pour déposer leur candidature. Le député des Alpes-de-Haute-Provence, adoubé par Emmanuel Macron, est le seul à l'avoir fait. Le 18 novembre, son élection devrait donc être une simple formalité. Sans que cela semble poser problème au sein du parti: "nous n'avons pas besoin d'autres candidats: Christophe Castaner est le meilleur, celui dont le mouvement a besoin", assure ainsi Brune Poirson, secrétaire d'Etat LaREM auprès du ministre de la Transition écologie et solidaire, citée par Le Monde.

L'affaire semble réglée. Selon LCP, Christophe Castaner présentera une liste comprenant Richard Ferrand, patron du groupe LaREM à l'Assemblée, et de François Patriat, à la tête du groupe LaREM au Sénat. Les noms de Pierre Person et Laetitia Avia circulent également. Trois à quatre listes concurrentes seront présentées pour l'élection du bureau exécutif. Mais aucune ne devrait réellement faire de l'ombre à Christophe Castaner: celle arrivée en tête des suffrages gagnera les sièges de l'instance.

"Macron en a décidé ainsi"

Outre le fait de n'avoir aucun concurrent, une autre question est soulevée par la candidature de Christophe Castaner: ce dernier projette de ne pas quitter son poste de secrétaire d'Etat aux relations avec le gouvernement. "Porte-parole, vraisemblablement c'est compliqué", mais en revanche membre du gouvernement, rien n'est incompatible", a dit Benjamin Griveaux. "Macron en a décidé ainsi, et ça ne pose pas de problème", a indiqué François Patriat, chef des sénateurs LaREM, cité par Libération.

En réalité, certaines voix s'élèvent déjà pour protester contre cette façon de procéder: dans un livre sur les premiers mois du quinquennat, Corinne Lepage dénonce "une concentration du pouvoir à l'Elysée entre les mains de quelques conseillers comme on n'en a jamais eu". L'ancien ministre socialiste Alain Vidalies affirme lui aussi sur Twitter que "le ministre des relations avec le Parlement ne peut pas être en même temps l'interlocuteur des groupes de l'opposition et chef de parti".

La voix qui a surpris est venue d'un sénateur LaREM. Julien Bargeton, élu parisien, estime "souhaitable" que Christophe Castaner ne reste pas au gouvernement "pour pouvoir assurer pleinement ses fonctions, sans que ça pose des interrogations". Une légère sortie de rang aussitôt recadrée par François Patriat. "Ce n'est pas utile d'avoir un membre d'En Marche qui s'exprime comme tel", dit-il à publicsenat.fr. Pour lui, "Christophe Castaner travaille beaucoup, il connaît bien les dossiers (…) je ne vois pas pourquoi il ne peut pas aujourd'hui diriger le mouvement et en même temps être au gouvernement".

Quelques heures plus tard, Julien Bargeton a tenté de minimiser ses propos, réfutant toute velléité de fronde. "Je me prononce sur la compatibilité des fonctions, point". Un rectificatif qui montre qu'en Macronie, les voix contraires ne sont pas les bienvenues.

Ariane Kujawski