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La primaire UMP tourne au vinaigre

Un test de Metronews a jeté le trouble vendredi, renforçant les soupçons qu'avaient exprimés des candidats avant l'ouverture du vote.

Un test de Metronews a jeté le trouble vendredi, renforçant les soupçons qu'avaient exprimés des candidats avant l'ouverture du vote. - -

La primaire d'investiture de l'UMP pour l'élection municipale à Paris en 2014 a débuté vendredi dans un climat pesant, alimenté par les soupçons des candidats et d'électeurs sur la fiabilité du scrutin. Le candidat Pierre-Yves Bournazel, a demandé la suspension du vote, tandis que des journalistes ont démontré que la fraude était « aisée ».

La primaire d'investiture de l'UMP pour l'élection municipale à Paris en 2014 a débuté vendredi dans un climat pesant alimenté par les soupçons des candidats et d'électeurs sur la fiabilité du scrutin. Le premier tour de ce vote électronique, une première pour l'UMP et pour une élection municipale, a débuté ce vendredi à 8h et doit se poursuivre jusqu’à 19h lundi.
L'un des quatre prétendants, Pierre-Yves Bournazel, a demandé la suspension immédiate du vote électronique en raison, selon lui, de dysfonctionnements et d'entorses au règlement de la part de l'équipe de la favorite, Nathalie Kosciusko-Morizet. Pour l'élu UMP, le vote est « publiquement ridiculisé ».

Le conseiller de Paris accuse en outre les soutiens parisiens de Nathalie-Kosciusko-Morizet, comme les députés Claude Goasguen ou Bernard Debré, d'avoir organisé dans leurs permanences des « bureaux de vote » officieux, sous couvert d'assistance aux électeurs, alors que la campagne de la primaire est close.
« C'est une situation inacceptable qui ne permet plus aujourd'hui de croire en la sincérité du scrutin », a déploré Pierre-Yves Bournazel. « Aucun d'entre nous ne peut aujourd'hui sortir légitimé, aucun d'entre nous n'aura l'autorité et la légitimité nécessaires pour affronter la majorité sortante en 2014 », a souligné l'élu.

« Des triches, quelles triches ? »

Le président du conseil supérieur des primaires, l'ancien maire du Havre Antoine Rufenacht, a rejeté sa demande et ses griefs, soulignant que les opérations de vote iraient à leur terme. « Le vote se passe plutôt bien et il n'y a pas de cas de fraudes avérées », a-t-il dit sur i>Télé.
Concédant « deux ou trois bugs » et une certaine difficulté à voter en raison d'un système « hyper-sécurisé », Bernard Debré a accusé l'élu de « briser l'image de l'UMP » sur la même chaîne. « On nous dit qu'il y a des triches, quelles triches ? », a-t-il lancé. Quant à d'éventuels « bureaux de vote » déguisés, le député a expliqué qu'une assistance téléphonique avait été instaurée pour les électeurs déboussolés. « On ne leur demande pas pour qui ils votent, on leur donne la marche à suivre », a-t-il dit, avant d’ajouter : « On a déjà été assez ridicules la dernière fois, on ne va pas recommencer ».

« Les raisons que Pierre-Yves Bournazel invoque ne sont absolument pas corroborées par la réalité », a quant à lui déclaré sur BFMTV Philippe Goujon, président de la fédération UMP de Paris.
Le conseil des primaires devait réunir les candidats, tenus théoriquement à une stricte réserve durant le vote, samedi à 16h pour faire le point sur les opérations Pour la candidate socialiste Anne Hidalgo, « tout ça n'est pas très bon pour la démocratie, ajoutant le scrutin est déjà entaché de suspicion », a t-elle déclaré sur i>Télé.

« Il est possible de frauder aisément »

Un test de Metronews a par ailleurs jeté le trouble vendredi, renforçant les soupçons qu'avaient exprimés des candidats avant l'ouverture du vote. Des journalistes du quotidien, accusés de réception à l'appui, sont parvenus à voter au nom de trois électeurs différents, preuve selon eux « qu'il est possible de frauder aisément ». Ils expliquent avoir constaté jeudi qu'il était possible d'inscrire n'importe quel électeur parisien au scrutin, à condition de connaître son état-civil (nom, adresse et date de naissance), en payant avec la même carte.
Dès jeudi soir, Nathalie Kosciusko-Morizet s'était inquiétée des difficultés techniques que rencontraient d'aspirants votants. Philippe Goujon, président de la fédération UMP de Paris, a de nouveau assuré vendredi que le vote était sécurisé et a souligné que l'usurpation d'identité était un délit.

Sur 30 000 militants, 18 000 inscrits jeudi

Les résultats doivent être dépouillés lundi dès la clôture du scrutin en présence des candidats, détenteurs chacun d'une clé destinée à déverrouiller le système informatique, et du président du conseil supérieur de la primaire, l'ancien maire du Havre Antoine Rufenacht, possesseur du cinquième Sésame.
Quatre candidats sont en lice : l'ancienne ministre et députée de l'Essonne Nathalie Kosciusko-Morizet, 40 ans, le maire du 1er arrondissement Jean-François Legaret, 60 ans, le jeune copéiste Pierre-Yves Bournazel, 35 ans, élu du 18e arrondissement, et Franck Margain, 51 ans, vice-président du Parti chrétien-démocrate (PCD) et conseiller régional. Les électeurs parisiens peuvent s'inscrire par internet moyennant trois euros jusqu'au 3 juin à 18h, soit une heure avant la fin du scrutin. Ce délai a été repoussé contre l'avis des trois concurrents de "NKM", qui jugent ce report nuisible à la transparence et à la sincérité du vote.

Près de 18 000 personnes s'étaient inscrites jeudi, alors que la fédération UMP locale recense 30 000 militants. À l'ouverture du scrutin, elles devaient recevoir deux codes leur permettant de voter, l'un par SMS, l'autre par courriel.
La fédération parisienne de l'UMP, qui a fait appel à une filiale de La Poste, assure s'être entourée de tous les garde-fous informatiques pour éviter toute fraude et dysfonctionnement et une réédition du fiasco de l'automne dernier, lors de l'élection interne à la présidence de l'UMP, qui s'effectuait par vote papier.

La Rédaction, avec Reuters