BFMTV

La baromètres des éditorialistes - "Il va y avoir du catch" au grand débat

-

- - Montage BFMTV

Les éditorialistes de BFMTV analysent les enjeux du débat qui opposera ce mardi soir les onze candidats à la présidentielle sur BFMTV et RMC.
-
- © -

> Christophe Barbier: "Fillon est le candidat le plus dangereux pour Le Pen"

"Pour ce débat de mardi soir, c’est François Fillon qui est le plus dangereux pour Marine Le Pen. Il a commencé à lui reprendre des voix avec l'épisode du cabinet noir. Le complotisme a bien fonctionné pour faire revenir les anciens sarkozystes passés au FN. François Fillon va continuer en appuyant sur l’identitaire et ayant cet argument choc: 'vous êtes de droite, vous votez Marine Le Pen au premier tour, vous aurez Macron comme président. Si vous voulez une politique de droite dure, identitaire et libérale, venez chez moi, venez chez François Fillon'. Ça peut marcher.

Est-ce qu'Emmanuel Macron va bouger? C'est le seul suspens qui reste. Est-ce qu’il joue simplement la stratégie de la montgolfière à la Balladur? C’est-à-dire je suis très haut, je descends je descends, ça va passer ras-les moustaches des montagnes mais je serai président de la République. Ou bien est-ce qu’il change de stratégie pour remettre du charbon programmatique dans sa candidature? Pour dire ce qu’il veut faire, quand il va le faire, et combien ça va nous coûter.

Il a commencé à bouger lundi dans Le Monde, en expliquant qu’il n’était pas François Hollande. Il rompt avec le président normal, il rompt avec la politique de François Hollande et il accuse même François Fillon d’être plutôt François Sarkozy, de prolonger ce que Nicolas Sarkozy a fait et d’accomplir la campagne de 2012, de buissoniser complètement la campagne."

-
- © -

> Laurent Neumann: "il y a un risque particulier pour Macron et Le Pen"

"Quand il y a autant d’indécis, personne n’est indéboulonnable. Quand on est aussi attendus que certains candidats comme Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qu’est-ce qui vous menace? L’inattendu! On l’a vu lors des débats de la primaire à droite à et à gauche, tout peut arriver.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen vont avoir, face à eux, tous les candidats, qui vont vouloir absolument faire parler d’eux: Benoît Hamon qui joue sa dernière carte, François Fillon qui veut absolument rattraper son retard. Emmanuel Macron, lui, est favori du second tour, Marine Le Pen est favorite du premier tour, mais Emmanuel Macron a deux handicaps supplémentaires: cette situation de favori, et l’étiquette d’héritier de François Hollande.

Ils vont tous attaquer ces deux-là, ils s’y préparent tous les jours depuis plusieurs jours, contrairement à ce qu’ils disent. Il y a un risque pour ces deux-là en particulier, c’est le mode de questionnement, on ne va pas leur demander des constats. Toutes les questions que j’ai pu voir commencent par 'comment': 'comment vous faites pour créer des emplois, pour protéger les Français?'… Les constats, on oublie, mardi soir il va falloir être dans le concret."

-
- © -

> Eric Brunet: "ça va être la révolte des petits candidats"

"C’est Nicolas Dupont-Aignan qui ouvre le bal mardi soir, il est dans une énorme frustration, il n’était pas au grand débat de TF1 donc lui il va commencer fort. Après, les petits candidats qui ont 17 minutes pour s’exprimer vont dire des choses, ils ont bien l’intention de marquer les esprits. On peut imaginer que des gens sortent de leur veste de costume des éléments, des photos, tout est possible.

Imaginez un Jean Lassalle, vous pensez qu’il va rester paisiblement derrière son pupitre? Non, il va y avoir du catch. Il y a également des candidats d’extrême-gauche qui veulent aller grappiller chez Jean-Luc Mélenchon et chez Benoît Hamon des voix. Il y a François Asselineau, qui est convaincu qu’il est à la tête d’un grand parti, qu’il n’est pas un petit candidat, qui va aussi essayer de s’imposer, donc ça va être la révolte des petits.

Et puis il y a deux grands candidats qui peuvent briller mardi soir, les raisonnables, ceux qui vont dire ‘on a entendu un concours Lépine des propositions politiques, tout ça n’est pas très sérieux, ce sont des candidats marginaux, nous nous sommes les raisonnables. Ces deux candidats, c’est François Fillon et Emmanuel Macron. Je pense que ça va se dérouler autour de cette équation-là, avec des gens qui peuvent perdre beaucoup, je pense notamment à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, il y a quand même chez Arthaud et Poutou des programmes d’extrême-gauche qui vont tutoyer leurs programmes à eux."

C.V.