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Politique

L'émission politique: Marine Le Pen et Najat Vallaud-Belkacem s'opposent sur l'école

Marine Le Pen était l'invitée ce jeudi soir de L'émission politique de France 2. La candidate frontiste à la présidentielle de 2017 s'est opposée, lors d'un débat, à Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, autour du thème de l'école.

Le débat n'avait pas encore commencé, que le ton montait déjà. En s'asseyant en face de la candidate du Front national à la présidentielle, sur le plateau de L'émission politique de France 2, la ministre de l'Education nationale a indiqué qu'elle comptait évoquer plus tard la volonté de Marine Le Pen d'orienter certains élèves vers des filières professionnelles au seuil du collège. Un véritable "tri sélectif", a déclaré Najat Vallaud-Belkacem. "En fait, vous traitez ces enfants de déchets!" s'est alors insurgé Marine Le Pen.

La ministre a reproché à Marine Le Pen de fonder sa proposition sur des critères de réorientation trop précoces et trop flous: "Vous condamnez, dès 12 ans, des élèves dont vous dites qu'ils ne sont plus éducables." La leader d'extrême-droite s'est borné à dire que'on demanderait leur avis aux parents des élèves concernés. "Mon fils est en filière professionnelle et sa maman est très contente", a-t-elle même ajouté. 

Marine Le Pen évoque "l'effondrement" de l'école en France, Najat Vallaud-Belkacem entend le réfuter

Mais c'est le bilan du gouvernement en matière éducative qui a été le principal aiguillon du débat. Selon Marine Le Pen, celui-ci est "déplorable" et "l'école française s'est effondrée". La ministre de l'Education nationale s'est bien sûr inscrite en faux de ce constat: "L’école ne s'est pas effondrée, vous mentez. C’est pour 20 ou 30% des élèves que ça ne se passe pas bien. En disant cela, vous insultez un million de professeurs!"

"Eux n'y sont pour rien", a rétorqué Marine Le Pen qui voit dans les enseignements interdisciplinaires portés par son interlocutrice une des causes de cet abaissement supposé. 

"Une école publique du moins-disant"?

La question de l'argent s'est également invitée dans le débat. Najat Vallaud-Belkacem a reproché à la présidente du Front national de ne pas envisager d'investissement en faveur des établissements publics, l'accusant de prôner une "école publique du moins-disant". La candidate à l'élection présidentielle a lancé: 

"Vous êtes tellement profondément socialiste que vous pensez que tout se règle à coup de fric. Les mesures que j’ai indiquées ici ne nécessitent pas d’argent supplémentaire. C’est juste l’autorité à rétablir dans l’école. Les professeurs, que vous devriez protéger, pour beaucoup d’entre eux vont à l’école la peur au ventre. Quand ils sont victimes d’agressions ou d’insultes, ils ne trouvent pas de soutien de leur hiérarchie. C’est de votre faute. L’effondrement dans l’école finit par créer la sélection par l’argent ou par la naissance."

Robin Verner