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Kurdes: l'ex-président Hollande veut des sanctions contre la Turquie

L'ancien président de la République, François Hollande, en visite ne Grèce, le 15 novembre 2018.

L'ancien président de la République, François Hollande, en visite ne Grèce, le 15 novembre 2018. - ANGELOS TZORTZINIS - AFP

François Hollande a demandé mercredi des sanctions contre la Turquie en cas de poursuite de son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte antijihadistes.

L'ex-président François Hollande a demandé ce mercredi des sanctions contre la Turquie en cas de poursuite de son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte antijihadistes.

"Le Conseil de sécurité qui se réunit ce jeudi doit décider de sanctions contre la Turquie, si l'offensive se poursuit, et l'Union européenne doit faire immédiatement de même", a-t-il déclaré dans un entretien au Parisien.

Pour lui, il faut aussi "suspendre" la participation de la Turquie dans l'Otan. "Les Kurdes sont nos alliés, ils ont mené le combat contre Daesh. Or, la Turquie est membre de l'Otan. Comment admettre qu'un pays qui est dans une alliance avec nous puisse attaquer une force qui a été notre principal partenaire contre Daesh".

L'ancien président (2012-2017) rappelle que dans la coalition, les forces kurdes "étaient nos principaux points d'appui au sol pour lutter contre Daesh, nos avions ont pu manoeuvrer grâce à cette action conjointe". Une "coopération discrète, sur le terrain" qui a permis de contribuer à "l'éradication de Daesh dans le nord du pays, jusqu'à Raqqa". Or, a-t-il rappelé, c'est de Raqqa que les attentats qui ont frappé la France en 2015 "avaient été menés, décidés, organisés".

"Il est à craindre qu'à la faveur de cette offensive, ces djihadistes puissent s'échapper"

C'est aussi "pour notre propre protection que nous avons intérêt à ce que les Kurdes continuent de tenir le territoire du nord de la Syrie et de lutter contre Daesh", a relevé l'ex-président socialiste, soulignant que "ces Kurdes détiennent dans leurs camps de prisonniers des djihadistes, dont certains sont Français". 

"Or, il est à craindre qu'à la faveur de cette offensive, ces djihadistes puissent s'échapper et commettre d'autres forfaits, dans la région mais aussi en Europe", a-t-il souligné.

La France a "très fermement" condamné l'offensive turque, tandis que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exigé l'arrêt de l'offensive. L'Allemagne a estimé que l'opération risquait "de provoquer une résurgence" de Daesh et Londres a exprimé sa "sérieuse préoccupation".

C.Bo. avec AFP