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Jean-Marie Le Pen a "un peu honte du comportement de sa fille" 

Jean-Marie Le Pen en 1998.

Jean-Marie Le Pen en 1998. - Frank PERRY / AFP

Alors que le premier volume de ses mémoires, Fils de la nation, sortira dans les librairies le 28 février, Jean-Marie Le Pen a accordé un entretien au Point. L'interview a été publiée sur internet ce mardi soir. L'ex-président du front national y revient sur sa carrière politique et égratigne sa fille.

Lorsque le journaliste du Point lui demande, en préambule de l'entretien publié ce mardi soir sur le site de l'hebdomadaire, quel est son état d'esprit après avoir achevé le premier tome de ses mémoires, intitulé Fils de la nation, publié le 28 février prochain, Jean-Marie Le Pen répond curieusement: "Post coïtum animal triste". 

Plus tard dans l'interview, l'ancien président du Front national, quintuple candidat à la présidentielle, livre davantage d'éléments sur le genèse de son projet autobiographique, qui a nécessité les services d'un documentaliste, précise-t-il. Il assure ainsi qu'il a commencé l'écriture de ses mémoires il y a 43 ans: "En 1975, j'ai commencé lorsque je traversais le Pacifique comme équipier d'un bateau à voile. C'est assez long, donc, dans mes périodes de repos et d'ennui, je me suis mis à rassembler un certain nombre de mes souvenirs. Comme je ne ressentais pas la nécessité d'écrire mes Mémoires, j'ai mis mes notes dans un tiroir qui, Dieu merci, s'est trouvé dans une pièce qui n'a pas explosé en 1976". 

Le Pen se voit en "honnête homme" 

Publié chez un éditeur modeste et méconnu, du nom de Muller, qu'il "remercie", Jean-Marie Le Pen ne cache pas qu'il s'agit là d'un "choix par défaut", après les refus des grandes maisons. Mais, pour l'essentiel de cette séance de questions-réponses, Jean-Marie Le Pen évoque la postérité. Lorsqu'il s'agit de déterminer la trace qu'il souhaiterait laisser dans l'Histoire, il rétorque: "Je dirais, dans le langage du XVIIe siècle, celle d'un honnête homme. Vous savez, il y a dans l'univers des milliards de galaxies : je me rends compte de mon infinitésimale importance. Elle n'est même pas celle d'un roseau, d'un grain de sable."

Revenant sur son existence, le cofondateur du Front national, né à La Trinité-sur-Mer, en Bretagne, emploie une métaphore maritime: "L'image la plus démonstrative serait celle d'un brise-glace. Je n'ai jamais navigué en eau libre. J'ai été dans l'opposition toute ma vie à la recherche d'un idéal que je n'ai pas réussi à atteindre, et qui est probablement au-delà de ma vie elle-même." 

Wauquiez, "un rival évident pour le Front national" 

Jean-Marie Le Pen, au cours de cet échange, donne aussi son point de vue sur d'autres que lui, à commencer par sa fille, dont il écrit dans son livre qu'elle lui inspire de la "pitié": "J'ai un peu honte de son comportement et pitié de ce qu'elle a fait et de l'état dans lequel cela la mettra un jour ou l'autre. Je crois que Marine, quand elle était au Front national, était assez autoritaire", explique-t-il au journaliste. 

Ce dernier sollicite alors son avis sur le personnage politique au centre des controverses du moment: Laurent Wauquiez. "Wauquiez est un rival évident pour le Front national puisqu'il embouche les mêmes trompettes. Mais cela ne va pas sans lui créer des problèmes sur sa gauche et à l'intérieur de ce qui reste des Républicains", dit-il. Au sujet de la diffusion médiatique de certains des propos, acerbes à l'encontre du personnel politique, tenus initialement par Laurent Wauquiez devant des étudiants d'une école de commerce lyonnaise, Jean-Marie Le Pen juge: "Ça fait partie des avatars de la vie politique. Je crois que c'est quelqu'un qui ne craint pas trop les saillies. Ni leurs résultats."

Robin Verner