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Algérie, éloge de Pétain et attaque de De Gaulle: ce que Jean-Marie Le Pen raconte dans ses Mémoires

Jean-Marie Le Pen.

Jean-Marie Le Pen. - Joel ROBINE / AFP

Le premier tome des mémoires de Jean-Marie Le Pen, Fils de la nation, paraîtra le 28 février. Il y donne à nouveau son point de vue sur l'Histoire de la France au XXe siècle: il maintient ses propos positifs sur le maréchal Pétain,égratigne le général De Gaulle et minimise les pratiques de tortures employées par l'armée française en Algérie.

Le maréchal Pétain "n'a pas failli à l'honneur en signant l'armistice" en 1940 et le général de Gaulle "reste une horrible source de souffrance pour la France", estime Jean-Marie Le Pen, cofondateur du Front national, dans le premier tome de ses mémoires dont Le Parisien et Le Point ont publié des extraits en ligne mardi. Philippe Pétain, devenu président du Conseil en juin 1940, "était légal et légitime, il avait passé avec le Reich un acte régulier et contraignant", écrit Jean-Marie Le Pen dans Fils de la nation, à paraître aux éditions Muller le 28 février.

Le Pen prête à Pétain un sens de "l'honneur" 

 "Que l'on puisse discuter ensuite de la politique de collaboration, de ses fautes, de ses excès, à condition qu'on examine les fautes et les excès de tous, je le veux bien, mais cela ne remet pas en cause ce que je viens de décrire". "Si de Gaulle a eu de la vista, Pétain n'a pas manqué à l'honneur en signant l'armistice".

L'ancien président du Front national a formulé la théorie de "l'épée et du bouclier": "L'opinion majoritaire était d'ailleurs que la France avait besoin d'une épée et d'un bouclier contre les Allemands et je l'ai partagée longtemps, jusqu'au jour où l'écoute de la radio de Londres m'en détrompa." Mais apparemment, il ne s'agissait pas d'avoir une meilleure opinion du chef de la France libre: "Il m'apparut vite que pour les gaullistes de micro, l'ennemi était à Vichy plus qu'à Berlin. Les Français parlaient aux Français pour leur enseigner plus la haine du maréchal que celle d'Hitler. J'en fus atterré. Je ne comprenais pas pourquoi. La raison était pourtant simple: il fallait que de Gaulle abaissât Pétain pour monter lui-même", estime Jean-Marie Le Pen.

De Gaulle était "laid", pour Le Pen

Charles de Gaulle "reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France", écrit l'ancien président du FN qui relate la première fois où il l'aperçut, en 1945 dans le Morbihan: "Je serrai cette main indifférente. Il me parut laid et dit quelques banalités à la tribune tendue de tricolore. Il n'avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou le maréchal Pétain. J'étais à nouveau déçu".

"En apparence il y a deux de Gaulle, le rebelle de 1940 et le chasseur de rebelles de 1961. Mais tous les deux, ensemble, forment pour moi un faux grand homme dont le destin fut d'aider la France à devenir petite", juge-t-il.

Le Pen minimise la torture en Algérie

Jean-Marie Le Pen revient également sur la torture pratiquée en Algérie. "L'armée française revenait d'Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui passent l'imagination et font paraître l'arrachage d'un ongle pour presque humain. (...) Cette horreur, notre mission était d'y mettre fin. Alors, oui, l'armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d'Alger, mais les moyens qu'elle y employa furent les moins violents possibles".

Il égrène ensuite: "Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l'intégrité physique". "Il est plus que ridicule, il est pervers, il est profondément immoral, de jeter l'opprobre sur des hommes qui ont le courage d'utiliser sur ordre, pour obtenir le renseignement qui sauvera des civils, des méthodes brutales qui leur pèsent, qui leur coûtent", poursuit Jean-Marie Le Pen, qui ajoute que "ni [lui], ni [s]es camarades n'ét[aient] nullement chargés des interrogatoires spéciaux. (...) C'est du bidon, évidemment du bidon, qui ne résiste pas à la plus rapide des analyses".

Robin Verner, avec AFP