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Jean-Luc Mélenchon veut reprendre la Bastille

Jean-Luc Mélenchon espère renouer avec les démonstrations de force dimanche à Paris pour s'imposer comme le fédérateur des opposants de gauche à la politique menée par François Hollande. Il espère réunir 100.000 personnes à la Bastille avec pour mot d'ord

Jean-Luc Mélenchon espère renouer avec les démonstrations de force dimanche à Paris pour s'imposer comme le fédérateur des opposants de gauche à la politique menée par François Hollande. Il espère réunir 100.000 personnes à la Bastille avec pour mot d'ord - -

PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon espère renouer avec les démonstrations de force dimanche à Paris pour s'imposer comme le fédérateur des...

PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon espère renouer avec les démonstrations de force dimanche à Paris pour s'imposer comme le fédérateur des opposants de gauche à la politique menée par François Hollande.

La manifestation de la place de la Bastille est organisée à l'appel du Front de gauche, qui comprend le Parti communiste et le Parti de gauche, mais le quatrième homme de la présidentielle de 2012, qui avait vu s'évanouir son rêve de devancer Marine Le Pen, continue à jouer les premiers rôles dans l'attelage.

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, n'avait pas été prévenu lorsque Jean-Luc Mélenchon avait lancé l'appel à manifester le 5 mai dans les médias et n'apprécie guère ses appels à donner "un grand coup de balai" à l'occasion du premier anniversaire de l'élection de François Hollande.

L'initiative divise également les écologistes, membres du gouvernement, qui n'ont pu empêcher leur ancienne candidate à la présidentielle, Eva Joly, d'annoncer sa présence à la Bastille malgré la décision de leurs instances de ne pas en être.

Il y a un peu plus d'un an, le 18 mars 2012, le co-président du Parti de gauche réussissait l'exploit de mobiliser une grande foule au même endroit, revendiquant 120.000 manifestants.

Il espère réunir 100.000 personnes dimanche à Paris avec pour mot d'ordre la mise à mort des institutions pour créer une VIe République et mettre en place une politique à gauche toute.

Le Parti communiste se montre plus prudent après la faible mobilisation du 1er-Mai et en raison des nombreux jours fériés qui ont précédé ou suivront la manifestation de dimanche.

"Le pays s'enfonce dans la crise. Il est urgent de rompre avec les politiques d'austérité en France et en Europe", peut-on lire dans l'appel à manifester du Front de gauche, qui entend mettre fin au "règne de la finance".

Même s'il ne ménageait déjà pas ses critiques contre François Hollande avant l'arrivée au pouvoir du président socialiste, les attaques de Jean-Luc Mélenchon contre son gouvernement sont allées crescendo depuis un an.

"QUELLE DUPLICITÉ !"

Il accuse pêle-mêle le président français de pratiquer une politique social-démocrate, ce qui est une insulte dans sa bouche, de plonger le pays dans la récession en acceptant une austérité imposée par l'Allemagne à toute l'Europe et de laisser les patrons multiplier les plans sociaux.

L'accord sur la réforme du marché du travail conclu entre les syndicats réformistes et le patronat, puis coulé dans un projet de loi, ne passe pas non plus au Front de gauche.

Le refus de François Hollande de faire voter une loi d'amnistie des syndicalistes et ouvriers auteurs de délits lors des actions de protestation l'a ulcéré.

"Quelle duplicité ! Car il m'a promis, les yeux dans les yeux, qu'on ferait cette loi", a-t-il dit sur France 2.

Jean-Luc Mélenchon affiche clairement son objectif : fédérer l'opposition de gauche à François Hollande en attirant les écologistes et l'aile gauche du Parti socialiste.

Il tente ainsi de jouer sur les divisions internes au gouvernement, invitant même le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, souvent en désaccord avec ses collègues, à rejoindre le Front de gauche.

"Arnaud Montebourg aurait sa place naturelle le 5 mai avec nous dans la rue", a-t-il estimé. "Comme nous, il est pour la VIe République, comme nous il est contre la finance, comme nous il n'accepte pas la politique d'austérité."

Cela ne l'empêche toutefois pas de faire des offres de service au président.

"François Hollande avait une chance de faire quelque chose de bien, il l'a ratée. Il peut se rattraper (...) Il peut me nommer Premier ministre. Je n'ai pas peur", a-t-il dit le 22 avril dernier sur Europe 1, sans ironie apparente.

Pour le gouvernement, les choses ont désormais le mérite d'être claires et ses ministres ne prennent plus de gants avec le co-président du Parti de gauche.

"Le Front de gauche n'est pas dans la majorité gouvernementale, et heureusement que Jean-Luc Mélenchon n'est pas dans le gouvernement!", a ainsi dit fin avril le ministre du Travail Michel Sapin sur BFM TV.

Yves Clarisse