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Jean-Luc Mélenchon se dit favorable au retour à une forme de service militaire obligatoire

Le prédident du groupe parlementaire La France Insoumise Jean-Luc Melenchon à l'Assemblée nationale à Paris, le 24 novembre 2020

Le prédident du groupe parlementaire La France Insoumise Jean-Luc Melenchon à l'Assemblée nationale à Paris, le 24 novembre 2020 - Anne-Christine POUJOULAT © 2019 AFP

Dans une interview accordée à L'Opinion, le leader de La France insoumise juge nécessaire de se doter d'une "défense populaire passive et armée", notamment pour faire face au "dérèglement climatique".

Jean Luc-Mélenchon est un friand des terminologies un peu désuètes. C'est le cas en matière de défense. Dans une interview accordée à L'Opinion, publiée dimanche, le chef de file de La France insoumise se dit favorable au retour à une forme de service militaire. Sauf qu'il ne le qualifie pas comme tel. "Je suis partisan de la conscription et je me suis opposé au fait qu’elle soit suspendue", déclare-t-il, avouant ne pas être "certain que tous les Insoumis soient d'accord" avec lui.

Annoncée par Jacques Chirac en février 1996, la professionnalisation des armées a entraîné la supression de la conscription obligatoire. Celle-ci demeure pourtant, aux yeux de Jean-Luc Mélenchon, un "impôt du temps au service de la patrie".

"Il n’y a pas aujourd’hui de besoin militaire qui nécessite la mobilisation permanente de 700.000 jeunes. On peut comprendre que le président Chirac ait pris cette décision. Elle avait sa rationalité, même si j’étais contre", précise le député des Bouches-du-Rhône.

"Effort collectif"

Pour autant, poursuit-il, "la défense populaire passive et armée reste une nécessité". "Nous faisons face désormais à d’autres menaces et dangers. Notamment venant du dérèglement climatique, comme nous le montrent les événements dramatiques de la vallée de la Roya", s'alarme le candidat à l'élection présidentielle de 2022.

Il ne précise pas, toutefois, la forme précise qu'adopterait le service militaire qu'il appelle de ses vœux. Ou ce qu'il ferait du Service national universel (SNU), instauré par le gouvernement d'Édouard Philippe mais mis en carafe à cause de l'épidémie de Covid-19.

"Jusqu’à présent on a réussi à faire face, mais avec une extrême difficulté. Si nous avions plusieurs événements de ce type en même temps, il y aurait besoin d’un effort collectif. On ne peut pas se payer la réparation de la France au prix du marché. Donc, on sera obligé de demander la contribution des jeunes Français", en conclut-il.

Jean-Luc Mélenchon affirme par ailleurs qu'au sein des forces de police, "les conscrits pourraient jouer un très beau rôle". Et le leader de la gauche radicale de faire une allusion à peine déguisée à l'actualité:

"Cela changerait le regard de la population sur sa police et changerait les pratiques internes de celle-ci. Le racisme et la violence y reculeraient. Quand les enfants du peuple sont quelque part tout change."
Jules Pecnard Journaliste BFMTV