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"Je trouve ça suspect": Mélenchon perplexe face à la panne des numéros d'urgence

Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, à Blagnac, le 9 juillet 2020

Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, à Blagnac, le 9 juillet 2020 - GEORGES GOBET © 2019 AFP

L'émission de TMC Quotidien a répéré une vidéo du chef de file des Insoumis au cours de laquelle il dit considérer comme "suspecte" la panne des numéros d'urgence survenue la semaine dernière. Il sous-entend que celle-ci aurait pu être imaginée en vue de privatiser l'entreprise Orange.

Au lendemain du passage de Jean-Luc Mélenchon dans l'émission Questions Politiques, sur France Inter, au cours de laquelle il a tenu des propos qualifiés de "complotistes" par de nombreux responsables politiques, Quotidien s'est penché sur une autre de ses interventions, diffusée sur sa chaîne Youtube.

L'émission de TMC a repéré des propos qu'elle qualifie d'"étranges" tenus jeudi par le chef de file de La France insoumise (LFI) dans la "Revue de la semaine", une pastille vidéo hebdomadaire dans laquelle il revient sur l'actualité récente. Le responsable politique aborde à la fin de la séquence (autour de 23:35) la panne des numéros d'urgence survenue la semaine dernière dans plusieurs régions françaises.

"Vous avez vu l'histoire d'Orange? Je vais vous dire, je trouve ça suspect. À chaque fois qu'il s'agit de privatiser quelque chose, on commence par montrer que le service public ne fonctionne pas ou qu'il y a un problème. Genre une fois que ça va être privatisé: 'Vous allez voir'. Parce que c'est une entreprise privée, ça marche tout le temps. Tu parles que ça marche tout le temps!", s'est-il exprimé sur sa chaîne Youtube.

"Ils sabotent, ils font les choses, ils montent en épingle"

Dans cette vidéo, Jean-Luc Mélenchon semble suggérer, comme le souligne Quotidien, que la panne des numéros d'urgence est "suspect[e]". Le chef de file LFI laisse entendre que cette panne pourait avoir été orchestrée dans le but d'amener à la privatisation totale du groupe. Soit au fait que l'État céderait les 23% du capital d'Orange qu'il détient.

Le responsable politique avance: "En tout cas ça tombe à ce moment-là et ça tombe aussi au moment où la discussion sur la privatisation d'EDF est repartie à l'initiative du gouvernement et de l'Union européenne qui impose le démantèlement des grands services publics en instaurant une concurrence".

Selon lui, l'Union européenne "dit: 'Vous faîtes ce que vous voulez, vous avez le droit d'avoir une grande entreprise publique mais il doit y avoir de la concurrence privée. Pourquoi faire, je vous prie? Le téléphone ça fait 115 ans que c'est une propriété collective des Français. Qu'est-ce qui fait que c'est si urgent? Qu'est- ce qui ne marche pas qui justifie qu'on privatise? Et ben maintenant vous avez un exemple de ce qui ne marche pas. Voilà comment ils travaillent, eux, ils sabotent, ils font les choses, ils les mettent en épingle et ils montrent pourquoi il faut du privé."

Invité de l'émission Questions Politiques de France Inter dimanche, le député avait laissé entendre qu'un "grave incident ou un meurtre" pourrait survenir au cours de la dernière semaine de campagne de la présidentielle à laquelle il est candidat. "Tout ça c'est écrit d'avance", avait-il lancé. Des propos qualifié d'"honteux" et "complotistes" par la ministre de déléguée auprès du ministre de l'Intérieur Marlène Schiappa ce lundi.

Clément Boutin Journaliste BFMTV