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Orange: Stéphane Richard en route vers un 3ème mandat

Stéphane Richard, le PDG d'Orange.

Stéphane Richard, le PDG d'Orange. - Eric Piermont/AFP

Soutenu par l'État actionnaire, l'actuel PDG devrait rempiler à la tête du premier opérateur Télécom français. Le conseil d'administration a rendu un avis favorable ce mardi.

Le PDG d'Orange Stéphane Richard s'achemine vers un troisième bail à la tête de l'opérateur historique, le conseil d'administration ayant décidé ce mardi d'un renouvellement de son mandat d'administrateur.

"Les administrateurs du Groupe ont été convaincus par le bilan positif de Stéphane Richard depuis huit ans à la tête d'Orange où il a su renouer avec une dynamique sociale et économique malgré un contexte concurrentiel difficile en France et à l'international", a expliqué l'entreprise.

Dans un second temps, c'est l'assemblée générale des actionnaires, début mai, qui devra se prononcer sur le maintien de Stéphane Richard à la présidence du premier opérateur téléphonique hexagonal, des formalités a priori sans suspense.

Le patron d'Orange dispose en effet du soutien de l'État, premier actionnaire du groupe avec 23% du capital, dont 9,5% via Bpifrance, mais également des salariés, qui en sont le deuxième actionnaire avec un peu plus de 5,3%. Interrogé le 22 janvier dernier sur Radio Classique, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire avait estimé que le PDG du groupe avait "fait du bon travail à la tête d'Orange donc il a vocation à être reconduit".

Il a apaisé les tensions

Du côté des salariés, on lui sait gré d'avoir apaisé les tensions au sein du groupe alors que ce dernier était marqué par un contexte social difficile lors de l'arrivée de Stéphane Richard à sa tête, en 2011. L'opérateur était en effet profondément marqué par une série de suicides intervenue entre 2008 et 2009, sous le mandat de son prédécesseur, Didier Lombard.

Signe du travail réalisé dans un premier temps par la nouvelle direction, une étude réalisée par Secafi a montré qu'Orange était passé de 39% de salariés fiers d'appartenir au groupe en 2009 à 81% trois ans plus tard.

Une épée de Damoclès est cependant suspendue au-dessus de la tête de Stéphane Richard, mis en examen en tant qu'ex-directeur de cabinet de la ministre de l'Économie Christine Lagarde, dans l'affaire de l'arbitrage Tapie et qui doit être jugé pour "complicité d'escroquerie" et "complicité de détournement de fonds publics". En cas de condamnation, il devra remettre son mandat, a prévenu Bruno Le Maire, même si les statuts du groupe ne prévoient normalement pas de révocabilité du président.

Aucun autre candidat ne s'était officiellement déclaré pour tenter de briguer la tête d'un groupe présent désormais dans près d'une trentaine de pays, même si de nombreuses rumeurs ont parlé d'un intérêt de Nicolas Dufourcq, président de Bpifrance et siégeant au conseil d'administration d'Orange, groupe où il a réalisé une partie de sa carrière, entre 1994 et 2002.

Poursuivre le développement de la banque mobile

Durant les deux premiers mandats de Stéphane Richard, l'opérateur historique a réalisé une série d'acquisitions, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, axes majeurs de croissance pour le groupe. Orange a également renforcé sa position en Espagne, son deuxième marché européen, avec l'acquisition de Jazztel, finalisée en mai 2015, qui lui permet de se placer derrière Telefonica. L'opérateur s'est en outre diversifié, avec Orange Cyberdéfense, dans la cybersécurité, Orange HealthCare et, en novembre dernier, Orange Bank, banque 100% mobile pour laquelle l'opérateur revendiquait 50.000 clients en fin d'année.

Stéphane Richard n'a jamais caché sa volonté de poursuivre le développement de la banque mobile, qui devrait proposer dans les prochaines semaines des crédits à la consommation et dont l'ambition est d'atteindre les deux millions de clients en cinq ans. L'opérateur historique envisage toujours également une introduction en Bourse de ses activités africaines et moyen-orientales, où Orange est présent dans un peu plus d'une vingtaine de pays et revendique 121 millions de clients. Se poserait enfin la question de la participation de l'État au capital d'Orange, alors que l'opérateur est cité régulièrement parmi les entreprises dont il serait susceptible de se désengager à court ou moyen terme.

D. L. avec AFP