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Islamophobie: Mélenchon répond aux attaques de Le Pen et justifie sa participation à la manifestation

Le député des Bouches-du-Rhône s'exprimait samedi depuis Marseille, à la veille de la manifestation contre l'islamophobie à laquelle il a confirmé participer.

Ces derniers jours, plusieurs personnalités politiques ayant signé un appel à manifester dimanche contre l'islamophobie se sont finalement montrées mal à l'aise, voire ont rétropédalé quant à leur cautionnement du contenu de la tribune et la présence de certains signataires. Notamment des personnalités de gauche proches de Jean-Luc Mélenchon, comme François Ruffin ou Adrien Quatennens.

Samedi, Jean-Luc Mélenchon s'est exprimé depuis Marseille et a exposé sa vision, alors qu'il a été critiqué quant à sa signature du texte, notamment en raison des termes de "lois liberticides" employés dans l'appel, qui viseraient les musulmans. Marine Le Pen l'a par exemple vertement tancé ce samedi, accusant son opposant politique de "trahison".

Mélenchon répond à Le Pen

Ce à quoi le parlementaire a répondu que "madame Le Pen (tournait) le dos à la France" et qu'elle n'avait "pas compris qu'il s'(agissait) d'une marche d'unité républicaine des Français" car elle "(n'était) pas la France" mais "juste un petit bout".

"Elle n'aime qu'une catégorie de Français et pas les autres, et moi je suis disponible pour les aimer tous, comme la plupart de mes compatriotes", a continué le député insoumis. "Nos compatriotes musulmans sont aujourd'hui montrés du doigt, insultés, menacés physiquement et c'est notre devoir de venir à la rescousse et d'apporter notre protection, comme nous l'avons fait hier pour les Juifs."

Débat sémantique sur le terme d'islamophobie

Le député des Bouches-du-Rhône, connu pour être particulièrement attaché à la laïcité, a confirmé "bien sûr" sa participation à la marche contre l'islamophobie dimanche. "Il y a évidemment des mots qui ne me conviennent pas (dans la tribune, NDLR), j'en aurais mis d'autres à la place, mais enfin c'est le propre de tout compromis", a tranché Jean-Luc Mélenchon, évoquant en particulier le terme d'islamophobie.

"Nous les insoumis, on n'utilisait pas ce mot, enfin pas tous. Pourquoi? Parce que on disait, on ne veut pas donner l'impression qu'on s'interdit de critiquer une religion", a-t-il poursuivi. 

Protéger "l'unité de la France"

"Aujourd'hui, le mot désigne une réalité qu'il est absolument impossible de contredire. Quand vous voyez un ancien candidat du Rassemblement national décider d'aller tirer des coups de fusil sur une mosquée (à Bayonne, NDLR) et de tirer sur deux pauvres malheureux de grand âge dont un handicapé, (...) vous voyez bien que c'est un comportement qui manifeste un trouble qui s'apparente à la phobie."

Jean-Luc Mélenchon a conclu son propos en estimant qu'il était, au travers de ce débat question de "l'unité de la France" et qu'il était essentiel de ne "pas laisser en France des gens être menacés du fait de leur religion", ce qui est le cas à l'heure actuelle selon lui. "La France ne vaut que si nous somme tous ensemble", a terminé l'insoumis.

Clarisse Martin