BFMTV

Islamophobie : le CFCM veut une « déclaration solennelle » de François Hollande

En France en 2011, les actes islamophobes ont augmenté de 36% selon le CFCM.

En France en 2011, les actes islamophobes ont augmenté de 36% selon le CFCM. - -

Après les déclarations de François Hollande à Toulouse le 1er novembre sur la détermination de la France à combattre l’antisémitisme, le Conseil Français du Culte Musulman souhaite également que le président dénonce l’islamophobie.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) veut que François Hollande se prononce contre l'islamophobie. Selon l’organisation, les actes islamophobes - tags sur des mosquées, insultes, menaces de mort… - ont augmenté de 36% en 2011 (34% selon l’AFP). Abdellah Zekri, président de l'Observatoire de l'islamophobie au sein du CFCM réclame donc une « déclaration solennelle » du président François Hollande contre la montée de l'islamophobie, à l'image de ce qu'il a récemment annoncé sur l'antisémitisme. François Hollande avait assuré le 1er novembre à Toulouse que la France était déterminée à « combattre sans relâche l'antisémitisme » et à « le pourchasser partout », ajoutant que c'était « une cause nationale », lors de la cérémonie d'hommage aux victimes de Mohamed Merah, au collège-lycée Ozar Hatorah.

« Je veux un traitement d’égalité »

Depuis qu’il a entendu les phrases prononcées par François Hollande à l’encontre de l’antisémitisme, Abdellah Zekri exige un discours similaire pour l’islamophobie. « Le président François Hollande l’a fait pour la communauté juive, pourquoi ne le ferait-il pas pour la communauté musulmane, s’interroge-t-il. C’est important de montrer que nous sommes les enfants de la République au même titre que les autres. Nous devons être à l’abri de ces insultes et de cette stigmatisation de notre religion. Je veux un traitement d’égalité pour qu’il n’y ait pas deux poids, deux mesures. Nous aussi sommes victimes de ce racisme et de cette islamophobie galopante. Il faut que les autorités s’intéresse à ce phénomène et qu’elles le condamnent ».

« Les arabes de service, c’est terminé »

Lors du discours de François Hollande vendredi à Toulouse, le Grand rabbin de France, Gilles Bernheim, a déclaré vouloir des actions concrètes des imams contre l'antisémitisme. « Qu’il me cite un cas d’antisémitisme pour lequel la communauté musulmane n’a pas réagi, lui répond Abdellah Zekri. Je le mets au défi. Dans le sens inverse, nous avons eu beaucoup de cas pour lesquels ils n’ont pas réagi. Ça ne peut pas aller que dans un seul sens. Nous avons toujours été aux cotés de la communauté juive et je considère que la réciprocité n’est pas égale. Je lui demande que dans les synagogues, les rabbins condamnent les actes antimusulmans. Les arabes de service, c’est terminé ».
Contacté par RMC, le Grand rabbin de France n'a pas souhaité réagir à ces propos et invite Abdellah Zekri à s'expliquer de vive voix avec lui.

« Le blasphème n’est pas un délit dans notre République »

De son côté, Alain Jakubowicz, président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), estime qu’il faut être prudent. Selon lui, racisme et islamophobie sont deux phénomènes bien différents. « Je souhaite et j’appelle le président de la République à dénoncer et à condamner les actes racistes dont nos concitoyens musulmans peuvent être victimes et sont souvent victimes. Condamner l’islamophobie, c’est se placer au plan de la religion. Et la critique de la religion n’est pas prohibée dans notre pays. On veut ainsi essayer de réinsérer le délit de blasphème dans notre pays. Le blasphème n’est pas un délit dans notre République et ne doit pas l’être. Il y a une nuance à faire qui me paraît extrêmement importante ».

|||

A la suite à de nombreux dérapages, nous avons fermé le forum relié à cet article. Pour plus de précisions sur les règles qui encadrent les commentaires publiés sur rmc.fr, conformément à la loi, nous vous invitons à lire l'article 8 des conditions d'utilisation de nos sites.
Merci de votre compréhension.
La Rédaction

T. de Dieuleveult avec C. Bourgneuf