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Invitées à décorer Matignon, des colleuses de slogans antiféminicides déclinent l'offre

Les colleuses d'affiches placardent des slogans sur la pyramide du Louvre

Les colleuses d'affiches placardent des slogans sur la pyramide du Louvre - Zakaria Abdelkafi - AFP

Le collectif, qui avait été verbalisé il y a quelques semaines pour avoir collé des affiches sur les murs de l'Hôtel du Premier ministre, a dénoncé "l'hypocrisie gouvernementale".

Leurs affiches dénonçant les féminicides et les violences conjugales sont visibles un peu partout dans Paris. Il y a quelques semaines, un groupe féministe de colleuses de slogans contre les violences faites aux femmes a été verbalisé pour avoir placardé des affiches sur les murs de Matignon. Aujourd'hui, elles dénoncent "l'hypocrisie gouvernementale" après avoir été contactées par le cabinet du Premier ministre pour "décorer" l'Hôtel à l'occasion de la clôture du Grenelle sur les violences conjugales.

"Alors que nous recevions 600€ d'amende il y a quelques semaines pour avoir collé sur les murs de Matignon, nous avons été contactées vendredi par une conseillère du PM pour y recoller nos messages pour l'annonce des résultats", peut-on lire dans un tweet relayant un communiqué explicatif. 

"Nous n'avons pas vocation à décorer la ville"

Le groupe féministe explique avoir été contacté le 21 novembre dernier pour afficher ses messages sur les murs de Matignon afin qu'ils servent de "décor à l'annonce des mesures issues du Grenelle". Une proposition que les colleuses ont décliné. "Nous refusons d'être le décor de ce #Grenelle", ont-elles fait valoir.

"Nous n'avons pas vocation à décorer la ville, mais bien à dénoncer l'inaction de l'Etat en rappelant les noms de celles qu'ils ont laissé mourir", peut-on lire dans le communiqué.

De son côté, Matignon assure avoir été "marqué par la force du message de cette association, sans adhérer au principe de l'affichage sauvage", rapporte franceinfo.

Mais pour les colleuses de slogans anti-féminicides, le Grenelle des violences conjugales "ne fut que le théâtre de coups de communication". De nombreuses autres associations et collectifs féministes ont également pointé du doigt l'insuffisance des mesures annoncées lundi par Édouard Philippe et le manque de moyens alloués à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Juliette Mitoyen