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"Il sait que je travaille à la présidence": Benalla contredit Collomb

Emmanuel Macron, Alexandre Benalla et Gérard Collomb, le 20 juin 2017

Emmanuel Macron, Alexandre Benalla et Gérard Collomb, le 20 juin 2017 - Benjamin Cremel - AFP

Les deux hommes se connaissaient-ils? Dans une interview au Monde, Alexandre Benalla a affirmé que le ministre de l'Intérieur "savait qu'(il) travaillait à la présidence de la République", contrairement à ce qu'a déclaré Gérard Collomb devant la commission d'enquête de l'Assemblée.

Alexandre Benalla, mis en examen pour violences en réunion et immixtion dans l'exercice d'une fonction publique (entre autres) après la diffusion d'images où il frappe et malmène des individus le 1er mai à Paris, s'est exprimé pour la première fois dans Le Monde ce jeudi.

Dans cette longue interview, il affirme notamment que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb "savait qu'(il) travaillait à la présidence de la République". "Je peux le croiser deux, trois, quatre fois par semaine sur des déplacements ou quand il vient à la présidence", développe notamment l'ancien chargé de mission d'Emmanuel Macron, au rôle pour le moins flou à l'Elysée.

"Alors, est-ce qu’on se connaît? Visuellement, oui. Est-ce qu’il sait qui je suis et ce que je fais exactement? Je n’en suis pas sûr", nuance toutefois Alexandre Benalla. Il précise aussi que le ministre alterne entre tutoiement et vouvoiement quand il s'adresse à lui.

"Ça va? Qu'est-ce que tu fais là?"

Le 1er mai, après la scène filmée place de la Contrescarpe à Paris, le collaborateur d'Emmanuel Macron et un policier chargé de l'encadrer se rendent à la préfecture de police, en salle de commandement. C'est là qu'ils croisent Gérard Collomb qui, en s'adressant au chargé de mission de l'Elysée, lui lance: "Ça va? Qu’est-ce que tu fais là?", affirme Alexandre Benalla.

Des déclarations qui semblent en contradiction avec celles du ministre de l'Intérieur, qui a affirmé lundi devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, sous serment, qu'il "ignorait sa qualité de conseiller du Président". "J'avais déjà rencontré M. Benalla lors de services d'ordre. Personnellement, je ne le connaissais pas, je croyais même que c'était quelqu'un qui faisait plutôt partie des services de police", a-t-il déclaré.

Dans son interview au Monde, confronté à ces incohérences, Alexandre Benalla affirme "se mettre à (la) place" du ministre. "Il pense que ce n’est pas sa connerie à lui, tout le monde est en train de l’attaquer, il fait des réponses maladroites", estime-t-il.

L.A.