BFMTV
Politique

"Il n'y a pas de mots": Pap Ndiaye ému aux larmes au Sénat en évoquant le suicide de Lucas

Visiblement ému, le ministre de l'Éducation nationale a rappelé les engagements pris par le gouvernement afin de lutter contre le harcèlement scolaire et l'homophobie.

"Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise?" Interpellé au Sénat par l'élue écologiste Mélanie Vogel au sujet du suicide du jeune Lucas dans les Vosges, cet adolescent de 13 ans qui s'est donné la mort début janvier sur fond de harcèlement et d'homophobie, le ministre de l'Éducation nationale Pap Ndiaye a eu bien du mal à retenir ses larmes au moment de prendre la parole.

"Quand un enfant met fin à ses jours, il n’y a pas de mots pour dire l’émotion, le chagrin, la douleur, il n’y a pas de mots. J’adresse mes pensées les plus émues à ses parents, à ses proches, à ses amis", a-t-il dit, en ayant toutes les peines du monde pour retenir quelques sanglots.

"Je vais suivre cela personnellement"

Dans la suite de son propos, le ministre a toutefois tenu à souligner la politique mise en place pour lutter contre le harcèlement scolaire et l'homophobie, qui est "une priorité du gouvernement."

"L’orientation sexuelle est souvent un point d’appui des auteurs de harcèlement. Il en est de même pour d’autres caractéristiques, comme l’apparence physique, l’origine, la condition sociale", a-t-il rappelé.

En réponse, Pap Ndiaye rappelle que son ministère souhaite "changer les représentations qui alimentent les haines" en favorisant la "prévention" et "l'éducation à la sexualité."

"C’est pour cela que dès septembre dernier, j’ai pris des mesures pour rendre effectifs ces enseignements", ajoute-t-il.

"Sur la lutte contre l’homophobie à l’école, j’ai décidé que dans chaque académie devaient être généralisés des groupes de sensibilisation, de prévention et d’action contre les LGBTphobies, et je vais suivre cela personnellement", conclut-il.

Deux enquêtes ouvertes

Le samedi 7 janvier dernier, Lucas, âgé de seulement 13 ans, avait été retrouvé pendu à son domicile de Golbey, dans le département des Vosges. Dans son journal intime, il avait évoqué sa volonté de mettre fin à ses jours sans toutefois faire référence au harcèlement, selon le procureur de la République d'Épinal Frédéric Nahon.

"Il convient d'être prudent sur le lien de causalité", avait prévenu ce dernier lors d'un point presse tenu vendredi dernier.

Dans l'attente des conclusions de l'enquête préliminaire ouverte pour "harcèlement sur mineur de 15 ans" et "harcèlement scolaire", Pap Ndiaye avait de son côté annoncé l'ouverture d'une enquête administrative. Les obsèques de l'adolescent se sont tenues samedi à Golbey.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV