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"Il faut oublier l'affaire Malik Oussekine": la déclaration de Jean-Michel Fauvergue fait polémique

Jean-Michel Fauvergue le 10 mai 2017.

Jean-Michel Fauvergue le 10 mai 2017. - François Guillot - AFP

Pour le député LaRem, la mort de Malik Oussekine en 1986, sous les coups de policiers, empêche actuellement certaines doctrines du maintien de l'ordre d'être mises en place.

"Il faut oublier l’affaire Malik Oussekine". Ces propos de Jean-Michel Fauvergue, député LaRem et ex-patron du Raid, ont été prononcés mardi dans l'émission de France 5, C à Vous. Au cours d'une discussion sur la maintien de l'ordre à Paris, il déclare:

"Depuis très longtemps en province [les forces de l'ordre vont] au contact, Paris commence à faire de la même manière. Et effectivement, Paris a été empêché de ça par l'affaire Malik Oussekine. Il faut l'oublier maintenant", a déclaré le député.

L'affaire évoquée par Jean-Michel Fauvergue est celle de la mort de l’étudiant Malik Oussekine, en 1986. Il a été tué à Paris sous les coups de policiers à motos pendant les manifestations contre une loi sur la réforme des universités, la loi Devaquet. L'étudiant sortait d'un club de jazz dans le quartier de la Sorbonne. À la suite de sa mort, le peloton de policiers voltigeurs avait été dissous.

"Une défaite morale et politique totale"

L'opposition a rapidement réagi à ces propos. "Rien ne justifie qu'un être humain meurt sous des coups de matraques. L'oublier c'est trahir la dure mission qui vous est confiée", a répondu le député La France Insoumise Alexis Corbière, sur Twitter.

"Une défaite morale et politique totale", répond Benoît Hamon, leader de Génération.s. "Voilà pourquoi LREM on ne peut avoir confiance dans votre conception du monde", a de son côté tweeté le patron du PS Olivier Faure.

"Bien sûr qu’il ne faut pas oublier Malik Oussekine"

Après le tollé déclenché, Jean-Michel Fauvergue est en partie revenu sur ses propos dans Le Parisien ce mercredi. "Bien sûr qu’il ne faut pas oublier Malik Oussekine, je suis à 100 % d’accord avec ça !", déclare-t-il dans les colonnes du quotidien. "Ce garçon a été victime de violences policières, il a été pris pour cible par des policiers qui ont été condamnés pour ça, et c’est bien normal."

Il explique qu'il ne demandait pas à ce que soit oublié l'homme, mais que cette mort ne devrait pas empêcher aujourd'hui les forces de l'ordre d'aller plus "au contact" dans les manifestations.

"Il ne faut pas que les pouvoirs publics soient empêchés lors des manifestations actuelles de défendre les manifestants et les commerçants", déclare-t-il dans Le Parisien, ajoutant ensuite: "on ne peut pas rester en statique, sinon on protège un seul point et pas les personnes qui participent à la manifestation".

Salomé Vincendon