BFMTV

Gilets jaunes: polémique autour de la présence de policiers motards à Paris samedi

Des policiers motards, à Paris le 15 décembre 2018.

Des policiers motards, à Paris le 15 décembre 2018. - Capture d'écran Twitter Clément Lanot.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont comparé ce dispositif a celui des "policiers voltigeurs", dissous en 1986 après la mort de Malik Oussekine, étudiant battu à mort par les forces de l'ordre.

Samedi, lors de la cinquième journée de mobilisation des gilets jaunes, des motards policiers équipés de flash-ball ont été aperçus dans les rues de Paris. Des images qui ont choqué des internautes, dont des militants d’extrême-gauche. Et pour cause, ce dispositif est “exceptionnel”, d’après Fabien Jobard, chercheur au CNRS et spécialiste des questions de police, contacté par BFMTV.com.

Une vidéo postée par un de nos confrères montre une quinzaine de deux roues, sur lesquelles se trouvent un, parfois deux policiers, dont certains sont armées d’un LBD 40, l’acronyme de lanceur de balle de défense, ou flash-ball. La préfecture de police de Paris a confirmé à BFMTV qu’il s'agissait de membres de la Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) intervenant dans “le cadre d’un détachement d’action rapide”. En clair, l’équipe motorisée avait le rôle, de par sa mobilité, d’intervenir rapidement si des heurts éclataient dans la capitale.

Sur Twitter, ce dispositif a vivement fait réagir: “état répressif” dénonce par exemple ce syndicaliste de la CGT-cheminot.

Légitimité contestée

D’après Fabien Jobard, plusieurs raisons motivent cette agitation. D’abord, l’utilisation de policiers motards en ville lors d’une manifestation est quelque chose de “rare”. Les images indiquent selon lui que les policiers ne sont pas mobilisés pour faire de l’encadrement, mais bien pour “passer à l’action”. Ces derniers sont armés d’un flash-ball, qui “est pourtant une arme dont la légitimité est contestée”. “Il semble pourtant se routiniser”, ajoute-t-il.

De son côté, la Préfecture de Police précise que “ce sont des policiers, ils peuvent tout à fait avoir cet armement”, ajoutant que ce type de dispositif est utilisé dans d’autres affaires, par exemple lors d’une course-poursuite avec “des taxis clandestins”.

Mais surtout, cette vidéo rappelle le souvenir de la mort de l’étudiant Malik Oussekine, en 1986, tué à Paris sous les coups de policiers à motos pendant les manifestations contre la loi Devaquet, alors qu'il sortait d'un club de jazz dans le quartier de la Sorbonne. À la suite de sa mort, le peloton de policiers voltigeurs avait été dissous. “Ils étaient là pour chasser des manifestants, armés d’une matraque”, explique Fabien Jobard. Si l’arme a changé, le dispositif semble le même, selon le chercheur.

Esther Paolini