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Hollande, un "président satisfait de lui-même"

François Hollande face à la presse, ce jeudi 16 mai.

François Hollande face à la presse, ce jeudi 16 mai. - -

Après la seconde grande conférence de presse de François Hollande depuis son arrivée à l’Élysée, son entourage et l'opposition livrent leurs impressions. Florilège.

Après la seconde grande conférence de presse de François Hollande, donnée ce jeudi après-midi depuis l'Elysée, les réactions de la classe politique, de droite comme de gauche, ne se sont pas faites attendre.

Du "président de combat" au "petit-porte parole" de la Commission européenne, les qualificatifs pour juger la prestation du chef de l'Etat n'ont pas manqué. BFMTV.com vous en a fait une sélection.

"Nous sommes fiers de ce président"

"Nous avons vu un président de la République qui nous donne de la fierté d'être socialiste", a réagi le Premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir.

"Un président qui montre que dans ce moment, il ne s'agit pas d'être dans le repli mais, au contraire, d'être dans le déploiement, l'offensive. (...) Et en même temps il a montré une très grande sérénité, une volonté d'être dans le dialogue avec les Français mais aussi de rester ferme avec la droite, qui voudrait l'empêcher de mener son action", a poursuivi Harlem Désir, avant de lancer: "Nous sommes fiers de ce président qui tient dans la crise, qui n'a qu'une préoccupation: aider la France à ressortir plus forte".

"Décontraction offensive"

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a lui, aussi, salué la prestation du président de la République, se félicitant de la "décontraction offensive" dont à fait preuve, selon lui, François Hollande.

"C'était une grande conférence de presse d'un président à l'offensive. Il a su trouver les mots justes, il a su fixer les objectifs. Les Français vont être attentifs à cette explication qu'il a voulu leur donner", a estimé Claude Bartolone.

Président "servile"

Pour sa part, la président du Front national, Marine Le Pen, a qualifié François Hollande de "petit porte-parole" de la Commission européenne, "servile" aux "dogmes européens".

"François Hollande est désormais clairement installé dans son rôle de petit porte-parole de la Commission de Bruxelles" et "a clairement abdiqué face aux injonctions européennes et allemandes de l'austérité à tout crin", a ainsi réagi la députée européenne via un communiqué.

Selon elle, le président s'est montré "servile et déterminé à continuer d'enfoncer notre pays pour sauver les dogmes européens, avec la promesse d'une aggravation à venir de la politique suicidaire d'austérité".

Président "satisfait de lui-même"

"Je ne sais pas s'il y a avait de l'autorité (dans l'intervention du chef de l'Etat, ndlr) mais à l'évidence il y avait de la satisfaction, très exactement de l'autosatisfaction", a estimé, de son côté, l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, sur BFMTV.

"J'ai trouvé un président assez satisfait de lui-même. Il n'a admis aucun échec, aucune erreur", s'est-il étonné. "Ce qui aurait amené, à mon avis, à un peu de modestie, en reconnaissant très honnêtement, des échecs sur le chômage, la fiscalité, la croissance, la délinquance, la production industrielle. Il aurait pu avancer une certaine forme de reconnaissance".

"Conversion publique au libéralisme"

Pour Jean-Luc Mélenchon, cette conférence de presse a consisté en la "conversion publique de François Hollande au libéralisme".

"On l'a écouté, avec attention, sa bouche disait des mots, on les connaît, c'est pas les nôtres, c'est pas ceux de la gauche et pas ceux de l'attente du pays", a déploré le leader du Front de gauche. "Il constate que toute l'Europe est en récession, il dit lui-même que les politiques d'austérité conduisent à la récession. Conclusion: on continue les politiques d'austérité. Il y a vraiment une situation afligeante".

"La France n'a plus de président"

"François Hollande n'avait pas le costume du président de la République mais celui d'un porte-parole de la Commission européenne", a estimé quant à lui Florian Philippot.

"On a la confirmation ce soir que la France n'a plus de président de la République. Il s'est vanté d'avoir été hier auditionné par les commissaires européens et on voit qu'il a déroulé la feuille de route que lui a donné Bruxelles, que lui a donné Berlin, qui impose des réformes ultra-libérales, qui vont pulvériser notre modèle social", a déploré le vice-président du Front national.

Président du "bla-bla"

"On attendait et on espérait un président en action, on a eu un président en récession", a jugé Guillaume Peltier, sur le plateau de BFMTV.
"C'est le président du bavardage, du bla-bla", a ajouté le vice-président de l'UMP, pour qui François Hollande "voit l'actualité politique et la vie quotidienne des Français par l'intermédiaire d'un rétroviseur".

Et de conclure: "Il a parlé de l'année écoulée et des échecs de l'année écoulée. Rien comme perspective, aucun cap et aucune réforme d'audace et de courage".


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