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Hollande: réactions politiques à l'interview télévisée

Jean-Louis Borloo, président de l'UDI, répondant dimanche soir aux questions de BFMTV

Jean-Louis Borloo, président de l'UDI, répondant dimanche soir aux questions de BFMTV - -

"Désinvolte" ou au contraire "dense et forte", l'intervention télévisée de François Hollande ce dimanche sur TF1 a suscité de vives réactions politiques.

L'intervention télévisée de François Hollande était très attendue ce dimanche soir. Evoquant largement la crise syrienne, le chef de l'Etat a par ailleurs tenté d'apaiser les Français sur la fiscalité. Qu'en ont pensé les politiques? Tour d'horizon de quelques réactions à droite comme à gauche.

"Une affabulation"

Christian Jacob, chef de file des députés UMP, n'a pas mâché ses mots concernant les annonces de François Hollande. "Sur la fiscalité, on a été dans l'affabulation la plus totale. Il annonce deux impôts, la TVA et le quotient familial, mais il oublie les retraites, la fiscalisation de la complémentaire maladie, la fiscalisation de la majoration familiale pour les retraités, la suppression de la défiscalisation pour frais de scolarité, donc au lieu de trois milliards annoncés par son gouvernement depuis une semaine, en fait c'est bien 12 milliards", a-t-il déclaré sur BFMTV.

"Circulez, y a rien à voir"

Pour Jean-Louis Borloo, président de l'UDI, "la désinvolture" de François Hollande "sur les sujets de l'emploi, du chômage et fiscaux [lui] paraît complètement délirante".

"Sur les heures supplémentaires défiscalisées" qui concernent "10 millions de Français", "sur l'écologie", sur "les services à la personne", "sur la manifestation des artisans cette semaine, la plus grande depuis 30 ans", "sur le bâtiment", la réponse de Monsieur Hollande "a été: circulez, y a rien à voir". "Si j'ai bien compris la purge fiscale va continuer", a-t-il déclaré sur BFMTV.

"Hollande est dans le déni de la réalité"

Toujours au centre, avec la réaction de Hervé Morin. Le président du Nouveau centre et président du conseil national de l'UDI a affirmé dans un communiqué que "personne n'aura été dupe de l'exercice d'auto-justification de François Hollande (...) les récentes évolutions du dossier syrien constituent un chemin de croix pour François Hollande et une humiliation pour notre pays. Entre précipitation et reculades, l'apprenti Hollande aura commis l'erreur de vouloir donner à une éventuelle intervention militaire la forme morale et quasi religieuse d'une punition, alors que la menace de frappes aurait dû être présentée comme une sanction, un coup d'arrêt à l'utilisation des armes chimiques (...) Politique intérieure et politique internationale, François Hollande est dans le déni de la réalité".

Un "enfumage élyséen"

Dans un communiqué, le Parti de Gauche a critiqué un "enfumage élyséen". "François Hollande a laborieusement commenté la déroute diplomatique de la France en Syrie. Porte-voix de la position nord-américaine en Europe, il a refait l'histoire (...) Sur le reste, François Hollande a tenté de s'en sortir en joueur de bonneteau qu'il est. A coup de promesses et de blabla techniques sur les impôts, il n'a pu camoufler l'augmentation de la TVA et plus généralement la cure d'austérité aggravée qui attend les Français. A l'horizon également des reculs sur les promesses faites à EELV en matière de transition énergétique. Ces derniers se contenteront-ils d'un crédit d'impôt éculé pour la rénovation thermique?"

"Insuffisant sur la fiscalité écologique"

Sur BFMTV, Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs écologistes, était partagé. "Je l'ai trouvé très très bien sur la Syrie. Il est depuis le début déterminé, ferme. Je crois que l'action de la France a été utile", mais en ce qui concerne la fiscalité écologique, "je trouve cela insuffisant et décevant".

Il a "su répondre aux inquiétudes des Français"

En revanche, Jean-Michel Baylet, président du PRG, a salué "une intervention dense et forte" de François Hollande, qui a "donné tous les éclaircissements que nos concitoyens attendaient sur la crise syrienne" et a "su répondre aux inquiétudes des Français face à la situation économique".

"Je partage totalement le rappel vigoureux des principes républicain fondamentaux de l'Etat de droit, de la sécurité et de la justice en démocratie que le chef de l'Etat a fait", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"Une vision claire et nette"

Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée nationale a été également très satisfait de l'intervention du chef de l'Etat. "Le président de la République a fait taire ses contempteurs en délivrant une vision claire et nette de son action (...) Sa fermeté face aux crimes de Bachar al-Assad en a été une étape importante (...)". Sur le redressement du pays, "là encore il assume sa stratégie sans faux semblant: la priorité au relèvement de l'investissement et des entreprises, le choix de baisser les dépenses pour stabiliser les prélèvements, la transition écologique qui sera autrement plus ambitieuse qu'une purge fiscale. Mais cette politique s'appuie en permanence sur l'esprit de justice avec les mesures annoncées en faveur du pouvoir d'achat des classes populaires et moyennes".

M.G. avec AFP