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Hollande Merkel, un parfum d’entente cordiale

Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC

Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC - -

François Hollande a reçu Angela Merkel à l’Elysée, sur fond de « tensions amicales » avec l’Allemagne et de chômage galopant en France.

Il y avait une ambiance « mariage pour tous » jeudi en ballade au Louvre puis en réunion de travail à l’Elysée, avec un couple franco-allemand qui a mis les divergences au placard. Le président et la chancelière ont joué à l’entente cordiale, le temps de préparer le Conseil Européen des 27 et 28 juin, avec au final une déclaration conjointe sur la croissance et l'emploi des jeunes. François Hollande a utilisé ce moment allemand, qui précède les élections fédérales de septembre 2013. La Chancelière avait besoin d’image et le chef de l’Etat d’un semblant de résultat au niveau européen.

François Hollande qui a remis le couvert sur Bruxelles…

« La méthode, les mesures, c'est de la responsabilité de la France. Sinon il n'y aurait pas de souveraineté possible », a redit le président de la République devant la Chancelière, lui qui avait martelé la veille que la « Commission n’avait pas à nous dicter ce que nous avons à faire ». José Manuel Barroso a donc été renvoyé dans les cordes pour la deuxième fois, lui et ses recommandations faites à la France sur les réformes d’urgence à mettre en place, comme les retraites. Un petit clin d’œil adressé aux eurosceptiques, c’est toujours ça de pris.

Le chef de l’Etat est à la manœuvre sur la scène européenne.

Après l’Italien Enrico Letta et l’espagnol Mariano Rajoy, François Hollande en recevant sa voisine d’outre-Rhin tente de se poser en homme de dialogue entre le sud et le nord et – en bon socialiste – de faire la synthèse, s’amuse un responsable du PS. Son objectif, en accord avec la Chancelière, est d’aboutir dans son projet d’un président de l’Eurogroupe à plein temps. Une idée qui n’est pas nouvelle, déjà été défendue en vain par Nicolas Sarkozy, lui aussi partisan d’un gouvernement économique de la zone euro.

François Hollande est-il convaincant dans son costume européen ?

Le problème avec l’Europe est que chaque président parait crédible dans la gesticulation, mais avec quel résultat à la clef ? L’opposition, malgré ses critiques, se méfie tout de même: « et si c’était lui qui avait raison ? Et si Hollande le faible réussissait face Merkel l’intransigeante ? Cela veut dire qu’en 2017, nous serions très mal à droite », a confié hier jeudi un député UMP gaulliste. Mais le chef de l’Etat le sait : avec l’Europe, il lui faut du temps. Et dans l’immédiat, il y a la vraie vie, les arbitrages à donner pour réduire les déficits de la branche famille, et le chômage qui explose au niveau national. Lui seul défend mordicus l’idée d’une inversion avant la fin de l’année. Les Français l’attendront au tournant.

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce vendredi 31 mai.

Jean-François Achilli|||

Directeur de la Rédaction de RMC et éditorialiste RMC/BFMTV

Il intègre la rédaction de France Inter en 1998, puis le service politique en 2000, dont il prend la direction en septembre 2008. Il rejoint RMC en décembre 2012 comme directeur de la rédaction et éditorialiste RMC/BFMTV.

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